204 LA REVUE SOCIALISTE combien le capitalisme envahissant est peu porté à garantir la « chair humaine» qui travaille et s'expose pour lui etlui acquiert des richesses. Dans l'avant-dernière session du Reichstag, les entreprises indus• trielles de l'État et de l'Empire donnèrent également lieu à de vives explications entre les partis bourgeois, les representants du gouvernement et la fraction socialiste. La direction des établissements de l'État, agissant d'après les principes du capitalisme et du profit à outrance, payant des salaires insuffisants et tenant ses ouvriers dans la dépendance politique et dans le servage, fut dûment exposée à la lumière de la publicité. Le prétendu « socialisme d'État» que l'on cultive dans les entreprises industrielles de l'Empire et de l'État, se devoile toujours mieux, sous l'influence de la « réforme sociale officielle» comme,< capitalisme d'État ». Sa suprématie économique officielle, impose aux ouvriers qui lui sont soumis le double joug de l'exploitation financière et de l'oppression politique. La rigueur qu'on exerce dans les ateliers de l'État envers les droits de réunion et de coalition des ouvriers, est un signe des principes capitalistes qui dominent dans ces institutions. Dans les ateliers de l'armée, de la marine et des chemins de fer, on a défendu aux ouvriers - par « le règlement du travail», Arbeitsordnung - de prendre )art à des réunions socialistes ou de lire des gazettes socialistes, sous peine de renvoi immédiat, De telles mesures, qui enlèvent aux ouvriers un droit qui leur est garanti par la loi, dévoilent le caractère ,< de classe » qui règne dans les établissements de l'État, et doivent confirmer les ouvriers dans la conviction que les établissements de l'État ne comprennent guère leur mission d' « établissements modèles>'. C'est grâce aux réclamations énergiques et répétées des députés de notre parti que ces ,, réglements du travail » ont été mis d'accord avec la « Geverbe-Ordnung >>- règlement pour les métiers - qui défend les prescriptions données par les administrations. Nous avons répété la dernande d'étendre la« loi d'assurance contre les accidents ». L'extension de l'assurance aux ouvriers occupés dans les maisons de force, l'abolition du «temps de carence>' ont été l'objet des demandes reiterées de la fraction socialiste. Dans la session d'hiver de 1892-93, nous avions déjà motivé ces demandes et le gouvernement y avait répondu par la promesse de présenter une loi. La ,< loi d'assurance contre l'âge et l'invalidité » donna lieu à bien des plaintes au sujet de la manière dont elle est exécutée. Si la fraction socialiste ne seconde pomt les demandes tumultueuses d'abolition de cette loi, elle pousse avec d'autant plus d'énergie à ce qu'on en supprime les nombreux défauts. La manière insuffisante dont on pourvoit les ouvriers devenus incapables de travail et invalides, sur le champ de bataille de l'industrie; l'aumône misérable qui ne "uffit point aux
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