La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

ÉCONOMISME, SOCIALISME ET SOLIDARISMÈ membres d'un méme organisme social, De mème, en effet. que le fait chimique de la combinaison modifie plus ou moins profondément les corps qui se combinent, au point que le produit combiné offre toujours des propriétés èifférentes de celles des corps qui entrent dans la combinaison, de mème que le fait organique pdsente, dans la fonction, des effets différents de ceux que donneraient des éléments anatomiques isolés, ai?csi le fait social modifie l'homme proportionnellement à son degré de socialisation. ainsi que tous les autres facteurs ou éléments composants d'une société. Il suffit, du reste, de réOéchir pour s'apercevoir qu'il ne peut en être autrement; la socialisation n'est pas autre chose que la solidarisation organisée, représentée et assurée par la structure sociale, comme l'organisation biologique n'est que la solidarisation fonctionnelle assurée par la structure anatomique ; ce qui implique ainsi le caractère universel d'équilibration aussi bien dans le monde social que dans le monde organique et le monde physique. Nous ne saurions en effet, comprendre l'absence de dépendance et de répercussion d'aucun fait social, puisque ce serait aboutir à vouloir considérer un fait ,< en lui-mème », c'est-à-dire en dehors de toute relation avec ce qui le précède, l'accompagne et le suit. D'autre part, nous ne pouvons pas comprendre cette universelle dépendance d,:s actions et réactions sociale sans impliquer une tendance à se grouper, à se solidariser suivant leurs conditions et caractères qui les u111ssent ou les divisent, les attirent ou les opposent. Or c'est précisément de cette tendance à la solidarisation que naissent les évènements, les groupements d'individus, dè familles ou de tribus, les professions et les métiers, les industries et les sciences, les mœurs et les législations. Par conséquent, plus se multiplient le:; rapports etrelations. c'est-à-dire plus les déterminations réciproques entre les membres d'une même société, plus ces groupements, plus ces solidarisations doivent se multiplier. se compliquer, s'en..:hevètrer, plus elles doivent tendre à se répéter, à se fixer, à s'organiser, à devenir sociales absolument comme les actions et réactions entre nos organes, tendent à s'adapter, à se coordonner, à s'organiser, à devenir fonctions organiques. Nulle part, peut-ètre, cette loi de solidarisation ne nous montre mieux ses conséquences heureuses que dans l'évolution humaine. Quand on réfléchit en effet, à la faiblesse relative de l'homme primitif en face de ses ennemis et terribles rivaux comme les grands fauves et des difficultés de toutes sortes que lui offraient les divers éléments; quand on pense à son manque de ressources matérielles, industrielles et intellectuelles, on se sent pris d'un étonnement profond :rn sou_venir de cet être grossier d'où est sorti notre monde actuel avec tout son bagage social, intellectuel et moral. Mais aussi quand on an3Jyse la genèse d'une de ces découvertes merveilleuses, qui ont encore le don de nous émouvoir et de provoquer notre admira-

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