L'ACTIVITÉ PARLEMENTAIRE Nous demandons un système de milices dans lequel les citoyens armés soient toujours à mème, non seulement de résister à l'ennemi du dehors, mais encore de s'opposer avec succès aux tentatives de certaines classes pour abattre avec la bayonnette et le canon les ouvriers qui se défendent contre l'asservissement politique et l'exP,loitation économique. Nous regardons l'armement du peuple comme une garantie contre la tendance à faire du militarisme l'instrument du capitalisme; mais il sera aussi une défense contre toute attaque aux droits du peuple dont le développement est la mission du prolétariat, la tâche des classes ouvrières politiquement organisées par le socialisme. Le socialisme tient l'accroissement constant du militarisme pour anti-civilisateur et pour éminemment dangereux à la paix entre les peuples. Inutile en politique, n'assurant point la paix, mais au contraire excitant à la guerre par une tension excessive des forces populaires, la politique militaire régnante accable les populations d'un fardeau qui, dévorant les forces et la sève du peuple, doit nécessairement amener la ruine financière de l'Allemagne. Les représentants du parti socialiste au Reichstag savent qu'ils ont agi selon la volonté et les convictions de tous les ouvriers qui ont conscience de leur but et de leur classe organisée, en opposant à l'unanimité aux exigences du gouvernement cette réponse : « A bas la« Militair-Vorlage •> ! A bas le militarisme 1» Relativement au manque de travail pendant l'hiver de 1892-93 et à la misère qui s'ensuivit dans la classe ouvrière, ainsi que parmi les petits industriels et les artisans, les députés socialistes présentèrent, le 31 décembre 1892, l'interpellation suivante au Reichstag: « Qµelles mesures les gouvernements alliés ont-ils prises ou pensent-ils prendre pour atténuer la misère notoire qui existe dans les masses, par suite d'un long chômage, de fréquentes diminutions dans les salaires et de la pénurie générale? » L'interpellation fut admise à la discussion le 12janvier, et motivée en détail par l'orateur de la fraction. Après avoir constaté l'état de misère générale, encore renforcée par une funeste politique fiscale, dont la conséquence est le renchérissement des vivres indispensables, l'orateur parla des moyens à prendre pour atténuer l'état de misère. Il finit par prouver qu~··l'épuisement et la pauvreté des masses populaires sont la suite inévitable de la production actuelle par le capitalisme privé. D'un côté, produisant les millionnaires et les milliardaires qui entassent capitaux sur capitaux, tirés des sueurs concentrées et des os del' ouvrier, notre système économique force d'un autre côté l'ouvrier à tomber toujours plus bas dans la misère, prive tous les jours des foules ,nouvelles de leur travail, c'est-à-dire de leur pain, agrandit l'armée de réserve industrielle, et, absorbant et supprimant les classes moyennes, il réduit des_masses de peuple toujours plus nombreuses au prolétariat. Tout en conservant l'intégrité des principes du parti socialiste qui,
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