La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

200 LA REVUE SOCIALISTE en lutte avec la société, aspire à supprimer la prédominance de classe, la production capitaliste et le droit de propriété privée, les députés socialistes demandèrent que l'on commence aussitôt et d'urgence des travaux qui puissent, dans la mesure du possible, balancer le manque de travail. En outre, on demand.l la journée normale, le repos du dimanche strictement observé et étendu, ainsi que l'interdictiqn du travail des enfants, afin de procurer du travail à ceux qui chôment. L'on demanda aussi, comme moyen d'adoucir la misère, que les droits et impôts sur les vivres fussent aussitôt supprimés Il faudrait rompre définitivement avec la manière actuelle de répartir les droits et impôts, qui tend à abaisser encore le genre de vie déjà si misérable des masses, en faisant artificiellement renchérir tous les vivres au profit d'une petite minorité. Il faut faire cesser cet attentat continuel sur la bourse de l'ouvrier; cet enrichissement des riches venant de la poche du pauvre par les droits sur le grain et les primes sur l'alcool. La réponse du gouvernement à cette interpellation fit voir une incapacité absolue de comprendre la situation, ainsi que peu de penchant à combattre l'état de misère par des mesures assez larges. On nia l'existence d'un état de misère général, on convenait tout au plus d'une misère partielle. Le gouvernement semblait croire que l'interpellation avait été présentée dans le but de faire de « l'agitation » socialiste. Cette manière de comprendre faisait voir plus clairement combien les représentants de la réforme sociale officielle ont peu connaissance du véritable état de choses dans le sein de la classe ouvrière. La réponse que reçut l'interpellation en provoqua la discussion, qui occupa trois jours entiers. Comme il était impossible de faire disparaître l'état de misère en le niant, on voulut, surtout dans le camp des conservateurs, rendre le socialisme et sa propagande responsables de cette misère. Mr. de Stumm recommanda une nouvelle loi contre les socialistes comme le meilleur remède contre la misère. Une tête folle du parti conservateur-agraire voyait le dernier remède dans la défense de la libre circulation. D'autres partis proposaient encore d'autres procédés empiriques. Le parti socialiste seul demanda des lois sociales sérieuses, aptes à améliorer les conditions de vie et de travail de la classe ouvrière, et la discussion de l'interpellation socialiste fournit de nouveau la preuve que la société bourgeoise est incapable de faire disparaître la misère immense qu'elle a créée. La grève des mineurs du district de la Saar prit une large place dans la discussion pendant ces trois jours. Les orateurs socialistes prouvèrent par de nombreux documents combien l'administration des mines dans les institutions royales - maisons modèles - du district de la Saar a agi sans ménagements. L'administration a condamné des

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