La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE à l'exception de l'impôt de Bourse - frapper et atteindre surtout les classes pauvres de la population. L'impôt de Bourse devait donner un surplus de 12 millions 1/2, l'impôt sur l'eau-de-vie et la brasserie 44 millions de marks. La position du socialisme vis-à-vis des nouvelles exigences militaires caractérisées ci-dessus ne pouvait admettre aucun doute. Notre parti, qui combat non seulement la « Militair-Vorlage », mais le système militaire lui-même, ne pouvait évidemment faire de nouveaux sacrifices au Moloch militaire. Pendant les discussions sur la « Militair-Vorlage », les orateurs sociali.stes ont plusieurs fois demandé qu'on se procurât l'argent nécessaire à toute l'administration militaire, au moyen d'nn impôt général. Un impôt progressif sur les revenus ferait peser les frais militaires sur les classes propriétaires dans l'intérêt spécial desquelles le militarisme a été créé, et dont les possessions sont protégées et défendues par l'armée. Mais ce n'est pas là la seule raison qui rende le socialisme ennemi du système militaire actuel. Nous demandons qu'on établisse le système des milices, afin que le service obligatoire pour tous, qui ne subsiste à présent en Allemagne que sur le papier, devienne une réalité. L'institution des « volontaires d'une année » ne sert que les intérêts de la classe bourgeoise et doit être supprimée. Nous demandons un système militaire qui, ménageant les forces du peuple en temps de paix, rende le peuple entier capable, au besoin, de prendre les armes pour protéger sa terre et sa maison. Point n'est besoin pour cela du système des deux ans de service, lequel, si tous les jeunes gens en état de servir servaient réellement, deviendrait impraticable, ne serait-ce que pour des raisons financiêres, A une véritable armée populaire, bien préparée par une éducation pratique de la jeunesse, un service comptant par semaines suffirait. Il est vrai qu'en créant une armée de milice, il faudra renoncer au dressage de parade qui règne maintenant dans l'Allemagne ,< prussienne>>. Ce n'est cependant pas la tâche d'un peuple cultivé de faire exercer à ses citoyens pendant des années le pas de parade, ou de les condamner à un séjour prolongé derrière des murs de casernt:. Nous n'avons pas seulement rejeté le nouveau projet militaire pour des raisons financières, politiques et économiques; nous combattons pour les mêmes raisons le système militaire tout entier de nos jours. Nous sommes ennemis d'un système qui produit les mauvais traitements et les vexations brutales dont on abreuve nos frères en uniforme, ce dont les publications de la presse et les débats du Reichstag ont donné une si triste preuve. Nous sommes ennemis d'un système qui force les fils du peuple en uniforme à tirer sur les fils du peuple en blouse, chaque fois que l'intérêt des classes dominantes le demande.

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