LA MACHINE ÉT L'OUVRIER Un autre péril pour les soudeurs, c'est la concurrence des f~mmes, qui travaillent aussi bien qu'eux, moins vite il est vrai, mais pour un s:1\aire moindre de mojtié. - Actuellement, ils gagnent encore en été d'assez belles journées, mais, en général, chôment trois ou quatre mois l'hiver et ont un travail aussi irrégulier que Ies ouvrières de la conserve : i'un déptndant de l'autre et tous deux suivant les fluctuations du marché, la hausse ou la baisse du cours aux Halles. Voici, pour une très fructueuse année, sans chômage continu, lors de l'ancien tarif, le détail des gains d'un bon ouvrier, M. Lefranc luimème, d'après les chiffres de son « livre de quinzaines.» ANNÉE 1886 i:>aicment au mois Janvier .............. . Février .............. . Mars ............... . • 255 40 Avril ............... . 162 20 Mai ................ . 185 75 Paiement à la quinzaine: Juin ................ . 137 60 » ................ . 160 70 Juillet ............... . II6 05 » 77 45 Août ................ . 74 10 » ................ . 62 80 Septembre ........... . 67 » » 123 50 Octobre ............. . 88 30 » 91 05 » ............. . 132 35 Novembre ........... . 125 80 » 127 95 Décembre ............ . 167 05 » 177 05 TOTAL •••..•..•. 2954 45 Soit, avec le tarif actuel, moindre de 17 o/o : 2452. 20. Exactement : 204. 35 par mois. Ce n'est pas là un gain exagéré; ce chiffre est cependant presque un maximum. Bien rares sont les ouvriers qui ne chôment pas quelques mois par an; pendant l'hiver, beaucoup sont obligés de vivre d'un autre métier, d'être confiseurs, par exemple. De plus, le travail luimême entraîne certains frais, pertes de temps, pertes d'argent : il faut boire, la chaleur du gaz est étouffante, suffocantes les vapeurs d'étain et de plomb qu'il faut souvent respirer pendant 16 heures. Les émanations sont tellement malsaines qu'elles provoquent parfois des ramolli::;sernents cérébraux et que nombre de soudeurs meurent paralysés.
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