LA MACHINE ET L'OUVRIER cuivre pour •1e« reverdissage ». Il est établi par :a pratique que, employés à petites doses, ils sont parfaitement inoffensifs. Assez souvent les contre-maîtres songent à améliorer leur sort, à se hausser d'un degré dans ce qu'on appelle l'échelle sociale. Fabriquer pour leur compte des conserves, il n'y peuvent penser, il leur faudrait des capitaux trop·considérables. Ils ont un autre rêve qu'ils finissent un jour par réaliser, à force d'économie : être propriétaire d'une charcuterie aux marbres luisants, aux glaces étincelantes, ou d'une pimpante épicerie encombrée de gros sacs, bourrée de marchandises. Mais, dans une industrie, pour quelques-uns qui s'assurent ainsi une paisible vieillesse, combien de malheureux vivant au jour le jour, peinant dant l'eau et la buée, combic:n de pauvresses s'écorchant les doigts à gagner leur pain, qui plus tard ne sauront où reposer leur tète quand ils seront trop las ! JJ. - LA SOUDURE. LA FABRICATION DES BOITES DE FER-BLANC Cette partie de notre étude sera à la fois plus courte et moins touffue que la précédente. C'est que nous sommes ici en face d'un métier accessoire, il est vrai, soumis aux mèmes crises de chômage et de surtravail que l'industrie dont il dépend, mais enfin d'un véritable métier, avec sa catégorie uniforme d'ouvriers, son salaire unique, nettement déterminé. Il y a bien quelques « conservateurs » qui achètent leurs boites toutes faites à des fabricants, mais c';:st là l'exception. On comprend aisément Je profit que chacun trouve à ètre son propre fournisseur et à avoir chez soi un atelier de ferblanterie. Dans la fabrique que nous venons de visiter, MM. Grosse et Cahen n'ont que les huit soudeurs nécessaires à la fermeture des boites lorsqu'elles sont pleines. Celles-ci sont confectionnées non loin de là, dans une annexe, vaste local situé impasse Beaubourg. C'est une sorte d'immense hangar tout rempli du sifflement du gaz sur les fers à sou-der, spacieuse et haute salle où seize ouniers travaillent autour d'une longue table, dans un coin. Au fond, sur les murs blanchis à la chaux, se détache la carcasse noire d'une machine à vapeur, immobile comme au repos; autour d'elle, des autoclaves, des bassines semblent attendre. Tout ce matériel ne sert que dans la bonne saison, entré juin et septembre. Penchés sur le fer en forme de marteau qu'ils '.tiennent à la main et où vient s'écraser la flamme bleue d'un chalumeau de gaz, les ouvriers promènent lentement leur outil sur les bords d'une feuille de fer blanc repliée en forme de cylindre, faisant fondre avec régularité le grisâtre bâton de soudure qu'ils tiennent de leur main libre. Là-bas, derrière des amoncellements de boites vides et de caisses,
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