La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA MÉVENTE DU VIN créer un pouvoir politique central qui étoufferait les initiatives de tous les groupes régionaux. La première des réformes réclamées par Je socialisme est la décentralisation administrative. L'Etat pour le socialiste collectiviste est l'expression de !"idée d'un pacte fédératif unissant des communes absolument libres d'administrer elles-même tous les services publics d'intérêt communal. Pour mettre leurs épargnes à l'abri de la piraterie de l'individualisme financier, comme pour obtenir du crédit sans taux usuraire, les viticulteurs du Midi et tous les agriculteurs de France doivent comprendre qu'il est temps d'arracher à quelques individus l'exploitation audacieuse des établissements de crédit.La fabrication et la mise en circulation de la monnaie fiduciaire ne doivent plus constituer des monopoles au profit d'une minorité de gros spéculateurs.La nationalisation de la banque améliorera les conditions du prêt aux syndicats et aux sociétés agricoles qui, dans chaque commune, sont appelés à réparer les fautes commises par l'anarchie économique de la production individualiste. La socialisation des établissements de crédit moralisera le change et empêchera le retour des perturbations économiques dont tous les agriculteurs souffrent en ce moment sans espoir de remède. Les négociations relatives à la vente des papiers représentant une valeur métallique en France, si elles étaient conduites honnêtement, ne justifieraient pas les différences exagérées du taux du change, en faveur des importateurs de produits agricoles étrangers. C'est la spéculation internationaliste des gens de finance qui manœll\ 1re en vue d'une raréfaction de la monnaie d'or dans tel ou tel pays. Les banques individualistes s'entendent à merveille pour mobiliser ou concentrer les capitaux à leur profit et pour organiser savamment le qésordre dans l'échange des monnaies fiduciaires. Que les viticulteurs du Midi n'en doutent point : ils n'obtiendront ni crédit à bas prix et à long terme, ni disparition de la concurrence déloyale des primes sur le change touchés par l'importation des vins d'Espagne et des raisins secs de Grèce, tant qu'ils n'mscriront pas dans leurs revendications la nationalisation des institutions de crédit. Que l'on étudie les moyens de réaliser, les uns après les autres, les désirs de la viticulture française, et l'on conviendra de la nécessité de l'intervention souveraine de l'Etat pour opérer la réforme désirée. Les progrès scientifiques se chargent de justifier cette tendance générale vers le collectivisme. Les progrès sociaux que les travaux de mille générations ont accomplis et que des milliers d'inventeurs, la plupart morts dans la misère, avaient préparés, sont tels que la jouissance individuelle de cet héritage commun qui résulte de tant d'efforts collectifs, semble être devenu un défi à la raison humaine. (.4 suivre.) Justin AJ..AVAILL.

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