La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

180 LA REVUE SOCIALISTE proposition des compagnies conslitnanl im tarif de JJénétralion à, lïntérieur ! » Pour sauvegarder les intérêts régionaux en matière de transports, faudra-t-il proscrire les canaux de navigation et les voies ferrées qui facilitent les communications? On n'aura raison du délire protectionniste qui maintient des barrières et des entraves même à l'intérieur du pays au grand détriment de la production et de la consommation, qu'en brisant, pour le bien commun de la collectivité, les résistances engendrées par l'individualisme industriel et le particularisme local. Les viticulteurs du Midi ne doivent pas espérer non plus obtenir la suppression des octrois, s'ils ne se rallient pas au programme de réformes que le socialisme peut seul réaliser. La suppression des octrois ne s' opèrera qu'avec le droit accordé aux communes de remplacer les contributions indirectes dont la lourde charge pèse sur la masse des con- ~ommateurs vivant au jour le jour. Pour équilibrer le budget des grandes villes, de nouvelles taxes sur la richesse des classes privilégiées sont inévitables. Il n'y a que le socialisme qui veuille sérieusement demander à l'impôt progressif sur les héritages, à l'augmentation de l'impôt foncier sur les demeures somptueuses, ou à toute autre contribution de tendance égalitaire, les ressources qui permettraient d'abolir les octrois. Les viticulteurs du Midi, s'ils ne s'engagent pas résolùment dans la voie du socialisme, n'obtiendront pas davantage l'organisation démocratique du crédit agricole. Toutes les fois qu'il s'agira de réaliser un véritable progrès, le concours actif de la puissance collective est indispensable.Le point délicat est de déterminer exactement sous quelle forme cette intervention doit se produire. Déjà, le conseil supérieur du travail institué au Ministère du commerce et l'industrie émet sur la formation de banques populaires des avis qui se ressentent de cette poussée énorme du sentiment public vers l'intervention de l'Etat pour accomplir ce que les groupements sociaux isolés n'ont pu réaliser. Le conseil supérieur du travail repousse l'idée de création d'une société ou de banque centrale de crédit agricole et populaire soutenue par l'Etat; mais il reconnait que l'Etat doit favoriser par des subventions la formation de groupes régionaux de banques populaires; mais il demande que les caisses d'épargne, autonomes ou non, soient autorisées à employer leurs fonds disponibles en prêts aux sociétés coopératives de crédit ou de production. Au fond, l'excellence des principes collectivistes est démontrée par les délibérations des commissions officielles. Les besoins économiques de la situation présente l'emportent sur le parti-pris des derniers défenseurs d'un ordre social qui agonise. Lorsque les socialistes parlent de l'intervention de l'Etat, il n'entre pas dans leur esprit la pensée de

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