La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE La proposition de loi déposée récemment sur le bureau de la Chambre par MM. Cot, Turrel. Emile Brousse, Escanyé, Rolland, Salis, Pams. Lannelongue et d'autres députés, pour modifier le régime Jiscal des liquides fermentés et des matières saccharifères, marque un état d'esprit socialiste dont tous les signataire,, ne doivent pas avoir nettement conscience. Ce projet de loi demande que l'assimilation à l'alcool comme régime et comme taxes ne soit pas limitée aux vins de raisins secs et soit également appliquée aux produits de la fermentation des autres matières saccharifères. Les figues, les dates, les caroubes, les fleurs de mowra et les mélasses sont des sources de production d'alcool malsain ,< qui échappe à l'action de la régie et sert trop souvent au vinage en fraude >'. Si l'on soumet toutes les matières alcoolisables au régime de l'acquit-à-caution, on espère assurer la perception de l'impot sur tout l'alcool produit. En attendant de pouvoir organiser la production viticole syndicale ou communale, les socialistes se contenteraient de la création du monopole de l'alcool. Ce serait un acheminement vers l'état collectiviste. Que les députés de bon sens et d'esprit progressiste ne se laissent pas influencer par les considérations de la vieille économie politique. La liberté du commerce n'est trop souvent que la liberté de la falsification et de la fraude. comme la liberté d'instruction cléricale pour les pères de famille n'est que la liberté de l'ignorance pour les enfants, et comme la liberté du tra\'ail n'est, au profit du patron, que la liberté d'asservir le salarié. Les réactionnaires de toute cocarde se sont toujours opposés et continuent de s'opposer au progrès social au nom de prétendues libertés qui attachent les paunes aux privilèges des riches sous prétexte d'égale responsabilité entre conditions humaines inégales. Législativement, il n'y a que la création du monopole de l'alcool qui puisse atteindre le but visé par la nouvelle proposition de loi tendant à défendre les intérêts du Trésor et ceux de la viticulture. L'intervention de l'Etat se justifie complètement aux yeux des malheureuses populations qui veulent mettre un terme aux exactions impo5ées par les abus de l'individualisme. L"établissement de zones pour l'unification des prix du transport sans proportionnalité des distances parcourues, est aussi un projet qui marque la tendance générale des esprits vers le progrès collectiviste. La viticulture méridionale demande la prompte homologation du tarif commun 106 proposé par les compagnies du Midi. d'Orléans et de Paris-Lyon-Miditerranée en vertu duquel les vins expédiés à Paris par les diverses gares du réseau paieraient un prix maximum de 28 fr. la tonne, sous réserve de certaines conditions de tonnage.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==