LA MÉVENTE DU YIN à l'état d'éthers formiques. Les produits solubres des macérations végétales se retrouvent dans l'extrait et s'y accusent par leurs propriétés organo-leptiques. » Quand, pour consommer un verre de fine champagne, on consent à payer un prix devant éloigner le soupçon d'impureté et de falsi11cation, et que l'ori se voittranquillementtrompé par un négociant à qui la conscience ne reproche rien, n'y a-t-il pas lieu de douter de l'excellence des principes sociaux donnant à chacun le droit de comprendre ainsi la liberté du travail? « Il y a des choses qui ne peuvent devenir articles de commerce sans devenir nécessairement articles de monopole », a fait observer J. S. Mill. Si la rectification et la vente de l'alcool doivent constituer un monopole dont l'exercice puisse être facilement controlé pour la garantie de la santé publique, il n'y a qu'à reprendre vite le projet de loi déposé par M. Guillemet pendant la dernière législature. Les viticulteurs du Midi en même temps que tous les travailleurs de la France entière finiront par reconnaitre que les réformes socialistes ne sont pas des utopies dangereuses. Où serait le mal si l'Etat intervenait au nom de l_'intérêt général pour supprimer la fabrication des alcools malsains et pour monopoli-• ser la vente de l'esprit-de vin? Le Trésor Public y trouverait une source inépuisable de revenus ; la race française serait délivrée du fléau de l'alcoolisme; et la culture nationale de la vigne recevrait un encour;igement mieux mérilé que la distillation chimique de la tourbe en Allemagne. XV DU MONOPOLE DES ALCOOLS ET DES AUTRES MONOPOLES D'ETAT Les viticulteurs du midi ne pensent pas à se passionner pour le rachat des chemins de fer et la reprise des concessions de mines, qui sont cependant des réformes mûres pour la socialisation, c'est-à-dire pour justifier la création de nouveaux services publics, puisque le cours naturel des phénomènes économiques les a préparés. Ils témoignent de l'indifférence pour des questions qui paraissent ne pas toucher leurs intérêts immédiats. S'ils se donnent la peine de réfléchir et de raisonner sur leur détresse, il faudra bien que les viticulteurs reconnaissent que les voies indiquées par le socialisme les conduiront au salut, et pas d'autres. En dehors des solutions collectivistes, on n'apportera pas de soulagement aux souffrances de la viticulture; toat le monde conviendra bientôt de cette vérité. 12
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==