LA MEVENTE DU VIN 175 vraisemblable que l'alcool de tourbe échappe à ce grave inconvénient, et l'on ne saurait assez souhaiter que la tourbe reste dans son rôle de combustible médiocre ou de litière passable pour les chevaux. » Fort heureusement, au moment même où de savants travaux aboutissent ainsi. à la distillation des tourbières, nos vignobles reconstitués en grande partie, vont se prêter à un sage retour vers la production de ce que l'on appelait jadis l'esprit-de-vin. On se grisera toujours, il n'en faut pas douter, mais les ivrognes ne tomberont peut-être pas avec autant de célérité dans l'abrutissement et dans le crime : ce serait un progrès relatif immense. » Il n'y a pas un socialiste dans le monde qui ne partage pas à ce sujet l'avis du savant M. Max de Nansouty. Telles sont les belles découvertes où s'égare la science sous le régime individualiste et capitaliste. Les progrès de la chimie servirontils toujours la rapacité des industriels sans scrupule? Si les prolétaires étaient seuls menacés par la mise en circulation de ces horribles spiritueux, on comprendrait jusqu'à un certain point l'indifférence des classes dirigeantes. Mais les « honnêtes gens >> qui s'attablent aux terrasses des grands boulevards et qui consomment des grogs et des punchs aux prix inabordables pour le pauvre mond':!, sont bel et bien empoisonnés tout comme les miséreux qui avalent sur le pouce dans les buvettes des barrières on ne sait quel tord-boyaux. Le fait a été péremptoirement démontré dans le rapport que M. Guillemet, député de la Vendée, a déposé sur le bureau de la Chambre au nom de la Commission générale de l'impôt pour faire donner à l'Etat le monopole de la rectification de l'alcool. Ce projet de loi qui fait naturellement partie du programme de réformes désirées par le socialisme collectiviste, puisqu'il établirait un nouveau monopole d'Etat, se propose d'assurer la perception d'un impôt d'un milliard et d'enrayer l'alcoolisme. Une série d'analyses faites par le docteur Héret, docteur en médecine, pharmacien en chef de l'hôpital Trousseau, lui ont permis d'établir que l'alcoolisme était dù plutôt à la mauvaise qualité qu'à la quantité d'alcool absorbé. Il se fabrique en France des eaux-de-vie supérieures dont les marques jouissent à juste titre d'une réputation universelle. Le consommateur riche peut se procurer des cognacs excellents; le fait est hors de discussion; mais l'implacable statistique démontre que plus des neuf dixièmes de l'alcool consommé en France est falsifié par le détaillant. On s'est rendu compte de la qualité des eaux-de-vie servies par les débitants des divers quartiers de la capitale. Des échantillons d'alcool ont été prélevés dans les bouges les plus repoussants à proximité des fortifica.tions et dans les cafés les plus luxueux du
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