LA REVUE SOCIALISTE syndicat, relatives : l'une à l'augmentation du taux de la journée, l'autre à la remise, chaque quinzaine, d'un double du carnet de paye. La revendication relative au salaire demande l'établissement d'un salaire 111i11ù1111111 et sa fixation à 5 fr. 50, plus une prime de 30 o/o soit une augmentation de 10 o/o sur la prime antérieurement accordée. L'établissement d'un salaire 1nini11wm et sa fixation à 5 fr, 50, plus une prime de 30 o/o - soit une augmentation de 1 o o/o sur la prime antérieurement accordée. Il ne peut nous appartenir de discuter les chiffres proposés par les ouvriers. Il nous manque, pour cela, les éléments nécessaires d'appréciation. Mais les compagnies, elles, auraient pu les discuter, et trouver peut-être un terrain d'entente: L'augmentation réclamée était égale à 25 o/o environ du salaire actuel prévu par la convention d'Arras (chiffres de la Société des mines de- Lens). C'était là évidem•11ent un gros chiffre, devant lequel, les délégués auraient très certainement hésité s'ils n'avaient pas eu pour excuse la plus-value considérable, énorme des valeurs charbonnières. Nous ne croyons pas utile de mettre le tableau de ces valeurs sous les yeux de nos lecteurs. Il le trouveront dans le n• 106 de la Rt1-·11e Socia1·ste, octobre 1893, page 493. Somme toute, il y a lieu de penser que les mineurs demandaient beaucoup pour avoir peu. Peut-être même les compagnies s'en seraient elles tirées en accordant un salaire minimum inférieur à 5 fr. 50, sans :wgmentation de la prime de 20 o/o. Ce que les ouvriers avaient le plus à cœur, c'était d'arriver à l'établissement d'un minimum de salaire pour une journée déterminée. Ils espéraient ainsi se garantir à coup sûr contre les mauvaises et inéquitables répartitions du travail dont ils ont si souvent à pâtir et mettre un frein aux fantaisies de messieurs les porions dans la fixation du prix des tâches et les variations qu'on lui fait subir selon les·difficultés présentées par la veine. En définitif, le Syndicat s'appliquait à réaliser, dans une certaine mesure, le principe de la fixité des salaires préconisée par M. Henri Langlais, rédacteur en chef de la Dépêcbc comme une réforme désirable et avantageuse aux deux parties. Quant à l'institution du double carnet de paye autour de laquelle les économistes bourgeois ont mené si grand tapage, elle se justifiait par la nature même du différend qui avait donné naissance à la grève. et par la gravité et l'importance des conflits qu'elle devait empêcher dans l'avenir. Les compagnies et leurs défenseurs s'élevèrent très vivement contre cette prétention des ouvriers d'obtenir la communication régulière au bureau du syndicat d'un double de la comptabilité des salaires. Une telle innovation n'allait-elle pas mettre en danger l'arche sainte du capital, humilier les tout puissants seigneurs de la grande mdustrie, en
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