LA REVUE SOCIALISTE mêmes rendu le conflit inévitable en diminuant le prix des tâches et en obligeant les ouvriers à un travail au-dessus de leurs forces. Mais, objectera-t-on, les Compagnies prétendent qu'il n'a pas été touché aux salaires et offrent d'en faire la preuve. Certains de nos confrères ont eu leur comptabilité sous les yeux et ont pu s'assurer que la moyenne convenue en 1891 était atteinte, quelquefois même dépassée. Soit. Mais en regard des salaires, les Compagnies ont-elles indiqué le nombre d'heures de la journée de travail? Quant à nous, nos renseignements nous permettent d'affirmer que depuis le mois de janvier 1893, dans la plupart des concessions du bassin houiller, les mineurs, pour gagner leur_ salaire habituel, ont dù faire des beiires supplélllentaires. Il est possible que les moyennes annoncées par les Compagnies concordent avec les chiffres établis par la convention d'Arras; il n'en est pas moins vrai que les salaires ont été diminués, puisque la journée de travail s'est trouvée allongée sans profit pour l'ouvrier. Cette simple constatation résultant d'un nombre considérable de déclarations à nous faites par les ouvriers, suffit à renverser toute l'argumentation échafaudée par les avocats de la bourgeoisie capitaliste sur la comptabilité des Compagnies. Est-ce tout? Il nous reste à signaler certaines pratiques malhonnêtes qui nous ont été dénoncées et dont il convient de faire juge l'opinion publique. On n'a pas oublié que le bouilleur est payé à la berline de charbon. Les berlines ont une contenance fixe. Cette contenance avait toujours été jusqu'ici de cinq hectolitres. Supposons le prix de tâche fixé à o fr. 40. Cela revient à dire que le bouilleur reçoit o fr. 40 pour cinq hectolitres de charbon extrait. Or des ouvriers nous ont affirmé que dans certaines compagnies de nouvelles berlines ayant une contenance supérimre à cinq l•ectolitres ont été mises en usage depuis plus d'un an, sans que les mineurs intéressés en aient été avisés. Ce qui prouve, nous a-t-on dit que les nouvelles berlines sont de dimensions plus fortes que les anciennes, c'est qu'elles ne passent pas ou ne passent que difficilement dans certaines galeries où circulent aisément les autres. Ces nouvelles berlines auraient une contenance de six et sept hectolitres au lieu de cinq. C'est donc un ou deux hectolitres de charbon que le bouilleur fait en plus sans en être payé. Tout commentaire serait superflu. Il y a autre chose encore. Le charbon est chargé dans les berlines par un ouvrier spécial, appelé biercbeur ou rouleur. Le hiercheur, comme l'ouvrier à la veine, est soumis à l'amende. Celle-ci lui est appliquée lorsque le porion juge que les berlines ne sont pas suffis,111u11ent remplies.
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