LA GRÈVE DES MINEURS toutes les concessions du bassin houill~r, on peut être sùr qu'elles répondent à des faits réels. Telle était précisément la situation au mois de septembre 1893. Les ouvriers se·plaignaient d'une diminution de salaires et déclaraient que la con\lention d'Arras n'était plus respectée. Les Compagnies répondaient qu'il n'avait pas été touché aux salaires et qu'elles continuaient à tenir leurs engagements. De là, la grève. La question du double carnet de paye, dont on s'efforce de faire, dans une intention malveillante pour le syndicat, la cause déterminante du conf1it, ne se posera qu'incidemment, comme un moyen pratique d'arriver à la solution du différend et d'empêcher de nouveaux malentendus de se produire dans l'avenir. Ce qui va provoquer la cessation du travail, c'est, comme toujours, une question de salaire. Ce qui va rendre tout arrangement impossible, condamner d'avance à un échec certain toute tentative de conciliation et d'arbitrage, c'est la nécessité à laquelle les Compagnies se sentent acculées, afin de maintenir le chiffre normal de leurs bénéfices, de réduire leurs prix de revient au minimum, en obligeant le niineur à augmenter sa production, sa11sl'i11de11111idsers011 surcroît de travail. Le procès-verbal officiel de la séance tenue, en novembre 1891, à Arras, par la commission d'arbitrage, porte qu'à l'avenir, le salaire moyen des ouvriers mineurs sera égal à la moyenne des salaires payés pendant les douze mois qui ont précédé la grève de 1889, augmentée d'une prime de 20 o/o. Nous avons dit que, pour la société des mines de Lens. ce salaire moyen devait ressortir à 4 fr. 80, plus 20 ofo, soit 5 fr. 76. Admettons que ce chiffre de ~ fr. 76 soit applicable à toutes les Compagnies. Pour que les clauses de la convention d'Arras soient respectées, il faut qu'un houilleur, de force et d'habileté ordinaires, gagne 4 fr. 80, la prime de 20 o/o non comprise, pour !mit heures de travail effectif. Nous insistons scr la limitation à huit heures, à peu près, de la journée du travail du mineur, le chiffre admis, à Arras, par les représentants des Compagnies, et il importe d'en tenir compte dans le calcul du salaire journalier. Nous sommes donc en présence d'un engagement bien clair et bien précis. Le porion doit établir le prix de tàche et le modifier, lorsqu'il y a lieu, de telle façon que ce prix multiplié par le nombre de berlines extraites par un houilleur, en une journée de buit ?eures, donne un produit sensiblemént égal à 4 fr. 80. Ceci étant donné, supposons que le porion reçoive de l'ingénieur l'ordre de réduire le prix de revient du charbon, en obligeant le mineur
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