LA REVUE SOCIALISTE Cette baisse a-t-elle entrainé une réduction proportionnelle des salaires ? Nous avons sur ce point l'opinion de M. Dubar; elle est formelle: l On te11d à ra111e11lers salaires au taux de 1888. Nous avons également l'opinion de M. Langlais: Ce quïl faut aux ouvriers, surtout aux mineurs, ce n'est _f,asun salaire subissant lesfluctuatio11s des cours, montant ou, desce11da11atvec la hausse ou la baisse, c'est lafixité d'un salaire équitable. Il est donc probable que les prix de tàche ont été diminués et que par suite le salaire journalier, pour u11 1101//bredétem1i111éd'heures de travail, s'est trouvé réduit. Or, si l'on veut bien constater que lesplaintl:!s nombreuses qui, dès la fin de l'année 1892 et pendant les neuf premiers mois de l'année 1s93 , se sont fait entendre dans toutes les concessions du bassin houiller, à l'exception des concessions de Dourges et de Carvin, si l'on veut se rappeler que dans toutes les Compagnies, et à diverses reprises, p~ndant près de douze mois, des délégations ont été envoyées par les ouvriers, auprès des directions minières, avec la mission de réclamer contre l'insuffisance des prix de tàche et la diminution des salaires qui en était la conséquence, cette probabilité, pour un esprit non prévenu, ne peut manquer de devenir une certitude absolue. A qui fera-t-on croire, en effet, que pendant toute une année, des milliers d'ouvriers, gagnant régulièrement le salaire auquel ils étaient accoutumés depuis deux ans, se soient avisés de chercher noise à leurs employeurs, sans motifs plausibles, pour le plaisir? Et si l'on veut, comme certains le prétendent, que l'état d'esprit particulier dans lequel se trouvaient les bouilleurs ait été créé et entretenu par les délégués du syndicat, dans le but avéré de déchainer la grève, alors, nous demandons à nos contradicteurs, quel intérêt le syndicat pouvait avoir à agir de la sorte. Et puis, c'est se faire une piètre opinion des ouvriers que de penser qu'on les entraîne ainsi sans raisons, et qu'il suffit de leur monter la tête. Le mineur, principalement le mineur syndiqué, n'est pas homme à se laisser circonvenir aussi facilement. Il discute et sait bien imposer, quand il le veut, sa manière de voir, à ses délégués. Dans les questions de salaire, notamment, il excelle à se faire une opinion très personnelle et nous mettons messieurs les économistes bourgeois au défi de nous prouver que dans le Pas-de-Calais, un jour de quinzaine, il puisse étre possible de persuader à un ouvrier qui vient de faire son compte, que les journées se règlent à raison de 4 fr. 50 l'une, alors qu'en réalité elles sont de 5 fr. 76. Donc, lorsque des ouvri~r.; se plaignent de ne plus gagner leur salaire habituel, lo:·s :uc ces pbintes se généralisent, s'étendent à
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