La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA GRÈVE DES MINEURS 147 -- --------'----------------------- LAGRÈVEDESMINEURS DU NORD ET DU PAS-DE-CALAIS III Nous nous sommes efforcé de justifier - et nous pensons l'avoir fait d'une façon suffisante - cette assertion de M. Gustave Dubar : qu'il existait, au moment de la grève (tant sur le carreau des fossés que dans les magasins des marchands et dans les cours des industriels), un stock considérable de charbons, encombrant le marché et ayant déterminé, nécessairement la baisse des prix de vente. M. Dubar avait d'ailleurs, clairement indiqué dans son article publié par l' Echo du Nord du I o septembre 1893 et dont nous avons reproduit les principaux passages, les causes de la crise que subit, depuis plus de deux ans, l'industrie charbonnière et qui, selon lui, a eu sa répercussion sur les salaires. « Chaque compagnie, écrit en substance M. Dubar. avec le système d'extraction à outrance et de concurrence acharnée qui est pratiqué aveuglément depuis deux ans, est obligée, pour ne pas s_e laisser écraser par la compagnie voisine qui aurait bientôt fait de lui enlever sa clientèle, de vendre au plus bas prix, et, pour cela, de 1éduire le prix de revient au 111ùii111u1D1a1n. s ce prix de revient, le salaire entre pour une quote-part importante, ET DÈS QUE LES AFFAIRES VONT MAL, LE SALAIRE EST ATTEINT. » A l'heure actuelle, on se rapproche des prix de vente de 1888, les plus bas qui aient été pratiqués depiiis 25 aus, ET L'ON TEND A RAMENER LES SALAIRES AU TAUX DE 1888. » Donc, pour M. Dubar - et son témoignage n'est pas suspect, il y a un fait acquis, injiscutable : c'est que, quand le prix de vente du charbon diminue, les compagnies réduisent leur prix de revient, dans une 1:Jroportioni111portante, EN ABAISSANT LE TAUX DU SALAIRE.

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