LA REVUE SOCIALISTE ,, Fasci » comme partie intégrante du grand parti ouvrier. C'est en pleine connaissance de cause qu'à Reggio, à Milan, partout, nous leur avons promis notre solidaritc pleine et sans réserve : l'offense qui leur est faite est une offense faite à nous tous. Nous constituons avec eux un seul corps et un seul cœur. C'est pourquoi encore. il nous paraît que la dissolution méditée des « fasci » est une mesure de la plus haute imprudence. Cette mesure ne pourra que doubler les forces qu'elle prétend détruire. Les,< fasci » sont aujourd'hui en mesure de ne pas la craindre. >> Le mème Critica Sociale insère une lettre remarquable de l'illustre économiste Achille Loria, professeur à l'Université de Padoue. Il s'agit de l'interprétation de la pseudo-loi de Malthus, sur le rapport des subsistances et de la population. Après une petite prosopopée où il fait parler Malthus, revenant parmi nous, tenant ferme à ses doctrines, mais les retapant si l'on peut dire, à la moderne, pour les besoins de la cause, et prenant surtout à partie les Français qu'il malmène un peu, Achille Loria continue: « Telle serait la riposte de Malthus. Mais \ oici deux objections bien diverses auxquelles le professeur d'Haileybury ne saurait sans doute que répondre: 1° La limitation du nombre des naissances en France est un produit de la moindre inégalité des fortunes dont ce pays est favorisé; d'où proportion croissante des propriétaires, seuls disposés à frauder la génération; d'où le chiffre relativement inférieur des prolétaires condamnés à une procréation fatale. Or ceci démontre que la suppression des inégalités économiques est en elle-même un frein naturel à la repopulation. Ceci détruit le principe préféré de Malthus, à savoir : que l'organisation d'une économie égalitaire provoquerait l'homme à une procréation impréYoyante et illimitée. 2° La persistance de la misère la plus sordide au sein de la société française contemporaine, où les moyens d'existence dépassent de beaucoup la population, démontre jusqu'ici l'évidence: que la pauvreté n'est pas le produit d'un excès de la population sur les moyens de subsistance, mais d'une distribution vicieuse des biens. Ce qui met en miettes toute la théorie Malthusienne de la misère et nous montre : que la misère doit être attribuée non à la nature économique des chost-s, mais aux institutions économiques, ce qui n'est pas tout à fait de même. Cette démonstration est plus particulièrement frappante en France, on peut pourtant l'obtenir, toutes proportions gardées, dans les autres nations civilisées. Toutes, elle représentent un excès de vivres sur la population (les crises agraires récentes l'affirment douloureusement). Toutes elles offrent, par contre, une pauvreté endémique de la classe ouvrière. Ces deux constatations corrélatives mettent désormais hors de circulation les théories malthusiennes, on est contraint à chercher au paupérisme des explications plus profondes ». Tel est le sommaire de la lettre écrite à la Critica ~ociale par le professeur Achille Loria. La rédaction fait suivre la lettre de remarques dont voici la conclusion : « La con-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==