La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

122 LA REVUE SOCIALISTE journaux, montre dans la grève une sorte d'l'!ntreprise révolutionnaire souligne avec soin toutes les intempéries de langage des uns ou des autres et obtient les applaudi::;scmeni.s des centres en faisant le procès à un parti qu'ils abhorrent; il ne se donne pas la peine de répondre aux reproches d'illégalité et d'abus, car pour bien des députés tout est permis quaud il s·agit de gens qui professent des doctrines réputées dans gereuses. Millerand a répliqué par une plaidoirie admirable. Nous ne citeronque pour mémoire la verte correction qu'il a infligée au jeune avocat des compagnies 111inièresau sujet des citations falsifiées ou dénaturées dont ce dernier s'était servi. Cest là un incident un peu hu111iliant pour notre pays et pour la Chambre. Il est préférable de ne pcis insister. Sur le fond du débat, c'est anc une nettet~ trnn.:hantc que Millerand réfute les allégations en l'air du ministre qui récite complaisamment les rapports de fonctionnaires peu dignes de foi. A chaque affirmation, un dé111enti formel est 0!1posé, appu) é de docu111ents incontestés. Ce n·est pas à proprement un disLours, c'est une énumération de faits et une lecture de pièces probantes, reliée par un lumineux commentaire. Cependant la Chambre a repoussé la nomination d'une commission d'enquête, m.1is elle a accepté par contre la nomination de deux commissions: l'une chargée d"étudier la question des rapports du travail et du capital et l'autre spéciale111ent chargée d"examiner les projets et propositions d'assurance et de prévoyance sociales. Entre temps, on adoptait un projet de loi sur les explosifs, un autre sur les associations de malfaiteurs; ce dernier plein d'embûches et de pièges. Mais la vraie conclusion du débat s~1rles grèves du Pas-de-Calais, ça été le dépôt par M. Goblet d'une proposition, dont l'urgence a été adoptée tendant à modifier la loi de 1810 sur les mines, Faisant allusion aux derniers faits de la grève du Pas-de-Calais, M. Goblet insiste sur l'urgence d'une telle proposition. Pour parer à ces difficultés, dit-il, je n'ai pas trouvé d'autre moyen que celui qui consiste 11 donner 11 l'Etat le droit de rentrer, dans œrtains cas, en possession des mines. Ainsi, toutes les fois qu'une grève aura duré trop longtemps sans prendre fin par un arbitrage proposé, l'Etat rentrera en possession de la mine, en vertu d'un dé..:rct rendu en Conseil d'Etat. (Interruptions.) J'ajoute que cette déchéance, si elle n'est pas imputable 11la Compagnie. ne sera pas prononcée sans une indemnité, qui sera calculée sur les dernières annuités des produits de la mine, constatées par les administmtions de 1'Etat. Mais cette indemnité ne peut-~tre que partielle, c'est-à-dire qu'il n'est pas possible de prétendre consolider aux mains des propriétaires toute la valeur du

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