LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS enseveli le; condamnés à perpétuité. (Très 'bien! tri:s bien! à l'extrême gauche.) C'est alors que ces impitoyables prirent peur, firent !:lire leur haine, changèrent de ta.ctique, et, il faut le dire à leur honneur. surent se faire une vertu de ce qui était devenu une nécessité. (Applaudissemcnt5 sur lt!s mèmes. bancs.) De cet enseignement de l'histoir~ contemporaine - qui n'est pas si loin de nous - découle pour nous cette vérité que je vous signal:iis tout à l'heure; que M. le ministre a oubliée ou ne sait pas, et sur laquelle je vous demande la permission d'insister : c'est que l'amnistie n'est pas plus la révision d'un procès qu'elle n'est un témoignage de sympathie en faveur de ceux qui en sont l'objet. C'est une mesure d'apaisement, rien de plus; prise uniquement clans l'intérèt public et en dehors de toute considération de personne. (Très bien~ très bien ! à l'extrême gauche.) Voili1 pourquoi je n'aurais pas voulu entendre prononcer de noms propres à la tribune. (Très bien! très bien! sur les mêmes bancs.) Qyel danger y a-t-il à nous accorder l'amnistie que nous rJclamons? Il y en a /1 la refuser, et le premier de ces dangers, c'est qu'elle reste suspendue. je n~ dirai pas comme une menace, mais con1111e une préoccupation sur nos travaux. Au contraire, il n'y a absolu111e11taucun danger à nous l'accorder. On ne nous oppose qu'un seul argument : l'heure opportune n'est pas encore venue, nous dit-on. Qyancl clone sonnera-t-elle? Comme s'il pouvait y avoir une heure plus favorable, plus opportune que celle qui signale le commencement d'une législature comme celle-ci! (Applaudissements à l'extrême gauche.) La vJrité, c'est que c'est le gouvernement, c'est la majorité qui aurait dû prendre l'initiative de cette mesure, au 11011d1es grands principes républicains et révolutionn:iires dont on fait tant étalage, au 11011d1e ce même ordre public qu'une bouche ministérielle plaçait naguère au-dessus même des lois. Or, le gouvernement n'a pas voulu, il n'a pas su saisir l'occasion de signaler son avènement par une mesure généreuse, en même temps que par une démarche adroite. Mais vous savez par une expérience récente, courte, il est vrai, mais significative, que les agissements ministériels ne doivent pas être l'unique base, ou plutot l'unique critérium de notre conduite politique. Les gouvernements passent, les ministres surtout; mais notre responsabilité demeure; c'est elle seu.le qui doit nous préoccuper. Ce n'est donc pas le gouvernement d'un jour, éphémère, sans responsabilité ... (Mouvements divers. - Rumeurs au centre), qui doit guider notre conscience et inspirer nos convictions. Nous avons à tenir compte de l'intérèt du pays, de ses indications formelles, de ses impérieux désirs de rompre avec le passé et de marcher à grands pas vers des améliorations sociales. (Très bien! trh bien! à l'extr.;me gauche.) • Eh bien! il est évident que pour tous les républicains sincères et pour les esprits éclairés, dans cette marche en avant la première étape doit ~tre le vote de l'amnistie. Vous pouvez l'accorder aujourd'hui même, tout de suite, sans danger pour personne et sans menace pour l'ordre public, contrairement à ce qu'on a prétendu, guidés uniquement par la préoccupation de ne pas perdre de temps et d'ouvrir la porte à une ère de paix et de concorde.
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