LA QUESTION SOCIALE DEYANT LES CORPS ÉLUS 1 1 5 ou tel condamné, ou même de tel le ou telle victime; nous pourrions en oublier de plus modestes et peut-être de plus intùessantes; nous n·avons pas les éléments de leur proces, et, les eussions-nous, que nous ne nous en servirions pas, car cc serait faire trainer le débat sur des points de sl!cond ordre, des considérations mesqtÏines. Non. l'amnistie n'est pas un appel;· non, la Chambre n'est pas un tribunal de cassation. Non, cc n'est pas au point de vue juridique que nous devons nous placer; cl ceux qui voudront porter le débat sur ce terr:iin non seulement méconnaitront la portée et la signification du grand mot d'amnistie, en fausseront l'expression, mais ils commettront un acte de mauvaise foi.(Applaudissements à l'extrême gauche.) Nous n'avons par à interpréter des lois, à torturer des textes, selon les besoins de la cause qui nous est chère; c'est là besogne de tribunaux correctionnels; c'est là besogne de tribunaux d'exception, de 1mgistrats en qu.ate de coupables et pour qui, hélas! les ordres d'un ministre tiennent souvent lieu de Justice, de conscience et de légalité. (Rumeurs au centre et à gauche.) Notre mission est, heureusement, plus élevée, notre volonté plus libre; notre indépendance, sachons-le donc une bonne fois, est absolue, ne connais- ~ant d'autres limites que Lia volonté du peuple cl les décisions du suffrage universel. Cette ch~re indépendance, reprenez-la, messieurs; ne soyons esclaves d'aucun texte, d'aucun arrêté, d'aucune rancune de caste, d'aucun préjugé politique et surtout d'aucune fantaisie mini~léridle ! Nous pouvons dire à l'heure qu'il est, et au début de cette législature, qu'une situation~sans précédent nom est faite. L'horizon apparaît large, vaste, clair. Pourquoi voulez-vous le laisser embarrass~ de broussailles, de ve~tiges de choses qui n'ont aucun rapport avec nos travaux présents et à venir! (Tres bien! très bien I à l'extrême gauche.) Faisons place nette; c'est I:! premi~rc des conditions pour accomplir du bon travail. Et la meilleure raison qui puisse nous déterminer à faire place nette, c'est l'exemple qui nous a été donné par le suffragè universel lui-même, notre maitre à tous. Le suffrage universel, consulté au milieu de circonstances particulièrement heureuses et calmes, hors de toute influence pouvant fausser l'expression, loin de ces grands courants passionnels qu'on voulait ressusciter tout 11 l'heure, s·est ressaisi. Il a nommé aussi une Ch:imbre presque nouvelle ... laissa-moi dire tout à fait nouvelle, en tenant compte de la nouvelle disposition d'esprit qui s'impose à ses anciens membres; une Chambre de laquelle ont été exclus les anciens él.:menls qui, de part et d'autre, s'étaient le plus signalés par leur acharnement et leur combativité. Le suffrage universel ne nous a-t-il pas dit 1Ioquemmcnt: Je ne veux pas de cette combativité dépensée en pure perte, je ne veux plus de cet acharnement s'appliquant à des victimes et à des vaincus. (Vifs applaudissements à l'extrême gauche.) Je ne veux pas que vous épousiez les querelles anciennes, que vous raviviez ,les haines d'autrefois et que vous laissiez subsister ces ferments de discordes qui ne peuvent qu'embarrasser, je le répète, la voie laborieuse que nous nous proposons de parcourir. Car enfin, messieurs, vous le savez bien, - nous le savons tous, - tant
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==