II 4 LA REVUE SOCIALISTE v:iis ess:iyer d'apporter des paroles d'apaisement au milieu de cc débat où l'on a introduit de la violence et des passions haineuses. j'ai parcouru la province souvent, non pour y agiter le drapeau de la guerre civile, comme on le prétend, mais pour réclamer cette mesure d'amnistie que nous apportons :wjourd'hui il la tribune. Je puis dire en connaissance de cause que cc n'est pas ~culement de Paris, mais de tous les points de la France qu'un vœu unanimes'~- Iève, qu'une voix puissante réclame l'amnistie. (Interruptions au centre.) Siquelqu'un de vous, messieurs, veut m'accompagner dans une tourn~c de conférences, il pourra s'en rendre compte aussi bien que moi. Je dis doncque de partout une voix se fait entendre, une voix populaire et républicaine s'il en fut j:irnais, pour récl;:mer l'amnistie en faveur de tous ceux que, sous le couvert de la loi, la passion politique a frappés. Ce n'est pas seulement un parti, ce n'est p:ts un organe, un groupement qui vient essayer de vous appitoyer sur le sort de ses amis malheureux. Lisez les journaux, ils sont égale111ent unanimes sur cette question génJrale d'amnistie. (Mouvements divers à gauche et au centre.) C'est l'ensemble de ceux qui pensent, de ceux qui écrivent, de ceux qui ont quelque influence sur l'opinion, qui veulent\'oir dans cc p:iys b paix intérieure g:iran tie; le passé liquidJ, l'avenir libre; c'est l'ensemble des hom111es de bonne foi, de justice et de générosité qui vous disent et vous crient: « Messieurs les représenbnts, votre premier devoir est de proclamer l'amnistie! » (Applaudissements :t l'extrême gauche.) Nous ne ,ommes ici que l'expression de cc sentiment général, que l'écho affaibli de cette grande voix du peuple réclamant et affirmant, je ne dirai pas la réconciliation, 11011,restons chacun dans notre camp, ne croyons pas plus aux baisers L:imourette qu'aux hypocrisies sentimentales, mais r.kbn1ant et affirmant, 11 défaut de réconciliation, la pacification de tous les Franp.is :iu 110111de la grandeur de la p:itrie et de l'intérèt d::: la République. (Nouveau:-; applaudissements sur les mêmes bancs.) Nous vous demandons l'amnistie, messieurs, c'est-à-dire une mesure d'apaisement, d'oubli, ,le rassér.:nemcnt social. Contrairement aux paroles qui ont été apportées tout à l'heure ici et :iui sont une véritable cléclarat1011 cle guerre (Protestations au centre), nous proposons, nous, une déclaration de paix s·appl iq uan t aux q uercllcs d'hier et pouvant servir d'heu reusc préface aux travaux, aux rapports, aux luttes de demain. Nous vous demandom. quoi donc? Les prisons ouvertes pour ceux que la passion politique, sous quelque forme que cc soit, y a jetés; nous vous de~ mandons les cond::unn:itions effacées pour des m:ilheurcux privés à l'heure actuelle de leur; droits civils, flétris par la loi bien que leur honorabilité soit demeurée intacte, bier que leur conscience et, perrnettez-11101 d'ajouter: la vôtre, n'aient pas cessé de les considérer comme d'honnêtes citoyens. Nous vous demandons enfin l'exil supprimé, les rives du pays accesslbles pour l'un des plus arcleMs défenseurs de la République, l'un des plus glorieux enfants de la France. (Tres bien! très bien! à l'extrême gauche. - Mouvements divers.) Enfin laissez-moi dire tout de suite, par avance, que l'amnistie n'est pas plus un appel que la Chambre n'est un tribunal de cassation. Notre intention n'est pas d'examiner l'un apres l'autre le cas isolé de tel
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