La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA QUESTION SOCIALE DEYANT LES CORPS ELUS 1 1 3 Je remercie M. Rouzaud de l'avoir rappelé et de m'avoir fourni, par ces explications, l'occasion d'apporter ici mes états de service clans l'armée des défenseurs de la République. (Applaudissements à l'extrême-gauche.) Nous ne reviendrons pas sur ces questions de moralité électorale, La Chambre a approuvé de parti pris toutes les manœuvres quand elles ont été nuisibles au parti socialiste. Elle s'est bien gardé de casser les élections viciées, .car le groupe socialiste se serait accru de quelques membres de plus. La séance du 4 décembre a été marquée par la discussion de la proposition d'amn1stie déposée par le groupe socialiste. Ici encore, nous constatons un succès de notre parti, dont les orateurs ont fait entendre de nobles paroles et de sages avis. On ne les a pas écoutés, cela va sans dire; mais il n'en est pas moins vrai que le ministère Casimir Perier n'a été sauvé que par l'appui d'une cinquantaine de monarchistes et que, devant l'effacement et l'embourgeoisement du parti radical, ce sont nos amis qui prennent décidément en main le dra_ peau des réformes et du progrès démocratique : Excellente attitude, dont les résultats seront bientè>t sensibles! L'ancien membre de la glorieuse commune de Paris, le fondateur de la Ligue pour l'éducation physique, le publiciste éminent qui sous le pseudonyme de Philippe Daryl a intéressé et si heureusement stimulé l'opinion publique depuis quelques années, Paschal Grousset a pris le premier la parole en termes simples mais piquants pour ,défendre la proposition d'aministie. li a rappelé que cette mesure de clémence s'appliquerait d'abord anx malheureux mineurs du Pas-de-Calais, dont il a vu en qualité de témoin oculaire les misères, la patience devant la coalition de toutes les oppressions administratives, policières et militaires s'exerçant sans vergogne en faveur du capital et aussi aux condamnés de la Haute-Cour, c'est-à-dire à Rochefort. Il a signalé à ce propos cette étrange anomalie : les plus dangereux d.es conspirateurs, baron de Mackau. comte de Paris, etc ... et tout l'état-major du parti royaliste restant indemnes et libres de conspirer de nouveau, tandis que le moins dangereux d'entre eux, le plus désintéressé certainement est seul poursuivi (avec le comte Dillon) et seul impitoyablement frappé. M. Raynal a répondu par quelques phrases três cassantes qui semblent avoir produit un mauvais effet. Mais l'èvènement de la journée a été le chaleureureux discours d'Ernest Roche, qui animé d'un souffle généreux nous paraît très digne de la sympathique attention de nos lecteurs. En voici le texte : M. ERNEST RocHE. - Messieurs, je remercie notre honorable président du conseil qu'il a bien voulu me donner comme je montais à cette tribune et je 8

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