4 LA REVlJE SdCIAl!STE comme les seuls Hais partisans des refermes sociales indispensables à nos Yieilles sociétés Yermoulues, si elles veulent survivre à la tourmente révolutionnaire 4ui les menace de toutes 'parts. En réalité, les Economistes font comme les médecins partisan:; de I' " expectation armée ,, : ils regardent et enregistrent placide,rn.:nt les phénomènes, ils supputent et dévoilent volontiers les maux de la Société: puis. quand ils ont bien dressé leurs statistiques, ils nous déclarent gravemcnt que cc sont là des" effets naturels>' et qu'il n'y a qu'à,, laisser faire" :1hsolumcnt comme lesgraves et savants disciples d'Hippocr:1te qui ne se préoccupent 4ue de faire H une inutile histoire naturelle ,, et laissent à dame nature le soin de réparer les maux qu'elle a causés clic-nième. Ce sont là jeux de savants qui peu\·cnt ::-urfire à faire la gloire de l;;:urs adeptes et à faire émarger grassement au budget, mais cc n'est pc int l'affaire du malheure11x qui se tord dcns ses souffrances où creve de misère. D'ailleurs il ne faut point s'en laisser imposer par cc prétendu désintéressement de la marche des choses que semblent afîicher nos économistes sous couleur de " science pure " : Au fond, cela ne prou\'e que l'insulTisance de leur science, absolument comme le scepticisme de n,)~.mé.!ecin, n •cx:,ri mc que l 'i1~,;utli-.,1ncede leurs connai.,sances ou de leur exp.:rience. Refuser à la scien.:e ses .:onséquences pratiques et utilitaires, ce serait renier la science toute entière, cc serait aboutir it méconnaitre que la Physique et la Chimic nous ont permis de conquérir une parLie des éléments et de les utilist:r pour notre plus grand profit: tout comme b hiolo~ie nous a puïnis de foire une hcuïcu-;e appli.:ation de ses lois à nos sélections artificielles d,1ns l'ékrnge de nos meilleures espe.:es animales, à l'liygiene l'l ù la thaapeutiquc humaines dont les plus sceptiques ne sauraient nier le~ rt:sultats déjà obtenus et surtout les promesses pour l'avenir. Personne éYidemrnent ne pwt prétendre que nos societé-; ~e sont faites tbut d'un coup, que nos misères et nos maux se sont t:ngendrés sans causes. ni que ces causes eU1ent absolument fatales, c'est-à-dire ne d~·p.:nd ii,.:11t pas des temps et des lieux. Par conséquent, nous sommes bien obliges d'admettre que ks phénomenes que nuus obs-:rvons :1uraient pu ètre autrement si les conditions qui les ont determinés avaient dé modifiées; di.:s lors, quand nous constatons un mal social. nous de\'ons et pouvons espérer y remédier en remontant ù sa source et en supprimant ou modifiant s1 c:,usc déterminante. absolument comme les mt:decins le font pour 1105 maladies. Il ne sutlit pas, encore une fois, de nous objecter 1-! c:i:,ictere hypothetique du résultat; il ne suffit mème pa~ de nous opposer des é.:hecs et des mésa\'entures, car, à ce compte, la médecine n'aurait jamais pu se dé\·elopper et l'liygiène ne serait point arrivée à un cjegré d'utilité incontestable qui lui donne une importance si considérable aujourd'hui. D'ailleurs, il n'y a pas à discuter : la question est posée et bien posée : il ne s'agit pas de
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