1 l 0 LA REVUE SOCIALISTE « La deuxième oppression nous fournit le moyen désiré de livrer bataille à ses fauteurs avec des chances assurées de succès. Ici. en effet, sur ce terrain particulier, la grève nous est facile. Elle n'implique nullement la cessation du travail de l'estomac, mais seulement l' alimentation de celui-ci par des produits fournis par d'autres queces braves exploiteurs, dont tout l'art consiste à acheter un et à vendre trois ce qui vaut deux. Ce qu'un seul ne saurait faire, l'association fournit à plusieurs le moyen de le réaliser par la coopération de consommation. qui garantit à , ses participants la qualité et la quantité des produits livrés à meilleur compte et leur remet néanmoins, à la fin de l'année ou du semestre, une l'istourne, que le commerçant aurait soigneusement gardée pour lui et les siens. Ceci, tout en allégeant le fardeau de l'exploité, a, de plus, l'avantage de trancher dans sa fleur le recrutement de l'exploiteur. pour lequel la grève du consommateur est purement et simplement la mort sans phrases .. « Mais ce n'est là qu'une première étape, que beaucoup de coopératives ont déjà franchie, en fabriquant elles-mèmes leur pain, leur charcuterie, leurs vètements, leurs souliers, etc. Leurs aides sont sociétaires, associés et intéressés aux bénéfices, en outre du salaire fixe qui leur est attribuée, au prix le plus haut 111diquépar les syndicats de la corporation à laquelle ils appartiennent. Il n'y a plus là rien qui ressemble à l'exploitation cynique et arbitraire du sa13riat. « Le libre jeu de cette façon de procéder entraînera, dans un avenir relativement prochain, l'extinction successive de tous les tyranneaux qui ont accaparé à leur profit exclusif toutes les branches de l'industrie. Et lorsque cette évolution se sera accomplie, il n'y aura plus d'exploiteurs ni d'exploités, il ne restera en présence que des producteurs et des consommateurs, qui échangeront librement les produits des diffé rentes industries coopératives auxquelles ils s'emploieront. » Tel est le but vrai visé par les coopérateurs, et clairement defini au Congrès de Grenoble. On s'achemine le plus rapidement possible vers ce point d'arrivée, sans rien négliger pour cela et sans dévier du droit chemin conduisant à l'objectif. La questicn de l'héritage est laissée. par exemple, àux politiciens chargés de la Réforme générale de l'impè>t: quant à l'expropriation des grands magasins, un saura bien y pourvoir, au moment propice, en imposant la participation obligatoire aux benéfices, qui fera de ces bazars capitalistes des entrepè>ts coopératifs. La société que travaillent à échafauder les coopérateurs ne diffère guère, en somme, de celle que rêvent les collectivistes. Elle ira mème, logique avec ses principes, jusqu'au communisme .. , au phalanstère. Mais, sans repousser ni l'aide de l'Etat, ni celle des autres moindres collectivités ayant eu l'heureuse fortune de conserver quelques semblants de droits sur un budget, les coopérateurs comptent surtout sur eux-mèmes pour débarquer au port,
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