LE CONGRÈS COOPÉRA TIF DE GRENOBLE 105 « Notre société est en train de subir une transformation inévitable, fatale: les uns la veulent violente, les autres pacifique. C'est aux sociétés coopératives qu'il appartient de préparer l'avenir et, dans ce Congres, tous les grands problemes de la production et de la distribution des recettes seront étudiés. « La nouvel!e société ne sortira pas toute faite, comme la Minerve antique, mais elle devra avoir pour base la justice, égale pour tous!. .. » PUNCH ET CONFÉRENCE. Rue Lakanal, la vaste salle louée pour le Congrès était trop étroite pour contenir le dimanche soir, la foule, qui n'ayant pu trouver place au théâtre, se pressait, plus intime, plus cordiale, au punch-conférence, où M. Ch. Gide, le savant et grave conférencier, fit undiscours humorisfr que et spirituel, dans le même ordre d'idées que les précédents. . Cette entente unanime des congressistes à faire de leur programme non une simple discussion économique, mais à porter le débat sur le terrain exclusivement socialisk, fut fort remarquée. La tendance internationaliste le fut moins ..On prit pour de simples et banales politesses les cordialités échangées entre délégués français et délégués étrangers, et d'aucuns espéraient que les retardaires fourniraient des idées différentes les jours suivants. Les jours suivants allaient cruellement les détromper. li LE CONGRÈS, SA PHYSIONOMIE. Les organisateurs du Congrès, sachant tous le prix du temps et décidés à mettre résolument en pratique les théories de Charles Fourier sur la variété du travail, avaient résolu de consacrer leurs matinées aux commissions et à des visites aux institutions coopératives et aux industries de Grenoble, l'après-midi et le soir étant réservés aux séances publiques du Congrès. Les séances des commissions s'ouvraient à 7 heures. A 9 heures commençaient les visites, des plus intéressantes, et où le plus fraternel accueil fut fait partout aux délégués. A midi, le déjeuner était pris par la plupart des congressistes en commun et à prix fixe, de mème que le diner, qui se faisait à 7 heures. C'était un véritable essai de phalanstère qui, de l'aveu général, n'a point trop mal réussi. Les séances de l'après-midi et du soir, ouvertes à 2 heures et à 9 heures, eurent une durée moyenne de chacune trois heures. Soixante à
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==