REVUE DES REVUES -Originale a été supprimée et une partie détournée de son sens primitif. M. Flamermont a eu la preuve de sa malhonnêteté historique aux archives de Vienne où se trouve déposée une copie de cette lettre écrite par le secrétaire de Mercy et annotée de la propre main de cet homme d'État. Après cette découverte, le procès paraissait jugé; il n'y avait plus, semblait-il, qu'à constater que le duc de Broglie n'avait pas le manus- ,crit original des mémoires de Talleyrand que ceux-ci avaient été recueillis, c'est-à-dire arrangés par M. de Bacourt, et dès lors il n'y avait pas à attacher à cette publication plus d'intérét que nous n'en attachons aux mémoires apocriphes publiés sous la Restauration et attribués par leurs auteurs aux hommes marquants de la période révclutionnaire. Eh bien! tant J'influence académique et ducale de M. de Broglie est puissante, les mémoires apocryphes de Talleyrand ont trouvé des critiques pour défendre encore leur authenticité et insinuer que le texte de la lettre de Mercy, invoqué par M. Flamermont, pouvait être lui-même un texte arrangé par Mercy ! M. Flamermont réplique, dans le dernier numéro de la Révolution Fra11çaise, à ces misérables suppositions par le rétablissement d'un autre texte encore plus important, que Bacourt a outrageusement tronqué, toujours dans la correspondance de Lamarck, et cette fois, on ne peut élever aucun doute sur la nature du document rétabli ·par notre confrère. C'est une note de Mercy, adressée au vice-chancelier Cobenzl et intitulée: Remarques sur la Révolution fra11çaise et s11r la guerre à laquelle elle a do1111léieu. Cette pièce tient environ huit pages de Revue, c'est donc une sorte de mémoire adressé par l'ex-am bassadeur à la cour de Vienne. M. de Bacourt en a supprimé la valeur de trois pages, et ce sont les passages les plus intéressants, ceux où l'homme d'Etat autrichien déclare qu'il faut se débarrasser au plus vite du concours funeste des émigrés et où on trouve ces phrases étonnantes: « Les cours alliées ne doivent jamais perdre de vue un instant que la défection d'un seul régiment met en danger toute l'armée, la défection d'une armée peut perdre l'Europe ... li importe que nos troupes respirent le moins possible l'air de la contagion, dans l'état où il est maintenant. >' Tout cela est supprimé dans la note que M. de Bacourt a publiée. Et voilà l'homme sur la probité duquel M. de Broglie s'appuie pour affirmer l'authenticité des mémoires de M. de Talleyrand ! Les lecteurs de la Revue Socialiste penseront comme nous avec M. Fla1r.ermont, après un ensemble de preuves aussi convaincantes, que si, au début, M. de Broglie a pu être la victime des supercheries de M. de Bacourt, il ne saurait échapper aujourd'hui, à la juste accusation d'être son ~ontinuateur et son complice. Les directeurs et gros actionnaires des Compagnies de chemins de
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