86 LA Rl:.VUE SOCIALISTE REVUE DES REVUES Nous avons déjà signalé la supercherie littéraire commise par M. le duc de Broglie à propos de cette vieille prostituée dè Talleyrand, dont le nom traîne encore dans les sous-sols de l'histoire de la fin du XVIII" siècle et du commencement du x1x0 , en attendant qu'elle soit définitivement enterrée dans le cloaque « affreux, morne, béant", réservé à un Dupin comme lui par le poëte des Cbâti111e11ts. Il appartenait à un Broglie, à un descendant de cette famille italienne des Broglio, venus en France, on sait comment, d'essayer de faire revivr~ pour un jour encore l'attention de l'opinion autour de cette figure grimaçante, en éditant, sous le titre de Mémoires de Talleyra11d, une compilation indigeste de M. de Bacourt. M. Aulard fut le premier à signaler au public l'étonnement que lui causait certaines assertions contenues dans J'ouvrage édité par M. de Broglie et à réclamer le manuscrit original des mémoires. M. de Broglie balbutia plutôt qu'il ne répondit, qu'il n'avait pas de texte original et qu'il ne saYait même pas s'il y avait jamais eu un texte original ; qu'au surplus, on den.lit s'en remettre à la probité littéraire de l'exécuteur testamentaire de Talleyrand, M. de Bacourt. M. Jules F\amermont professeur d"histoire à la faculté de Lille intervint alors dans la Re·vue historique, et établit, par le témoignage de M. de Vitrolles, l'existence du manuscrit. En outre, on signalait d'autres grossières erreurs commises par M. de Bacourt dans la Correspo11da11dcec La111archa·vcc Mirabeau. Car ce n'est pas la premiere fois que la critique historique a à relever les libertés que prend M. de Bacourt avec le texte des manuscrits qui lui sont confiés. M. de Broglie fit alors répondre par deux ou trois officieux qui, pour affc>rmir la confiance ébranlée des libraires, s'dforçaient d'atténuer la gravité des faits reprochés à M. de Bacourt, voire même à le disculper des accusations de M. Flamermont. Piqué au jeu, celui-ci riposta alors par la publication d'une pièce écrasante pour la,< probité» historique de M. de Bacourt. Dans la correspondance de Lamarck en effet, ce dernier ai nséré à la fausse date du 28 décembre 1 ï92, une lettre de Pdlenc à Mercy Argenteau où une bonne moitié de la lettre
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