74 LA REVUE SOCIALISTE torze heures, reçoivent une nourriture insuffisante, et tout en travaillant ils souffrent de la misère avec leur famille. Voici quelques réponses de l' enq uète parlementaire : Demande. - Chez vous on mange rarement de la viande? Réponse. - Rarement ou jamais. Demande. - Et dans votre famille ? Réponse. - Chez moi, cela n'arrive jamais. Demande. - Vous ne mangez jamais de lard? Réponse. - Parfois. Demande. - Votre nourriture consiste donc en pommes de terre avec de la graisse et en légumes? Réponse. - Il.n'y a pas toujours de légumes. Avec un salaire hebdomadaire de 16 francs et une famille de dix perrnnnes (homme, femme et huit enfants), c'est trop cher. Les réponses de ce genre se répètent à l'infini; l'enquête en est remplie. Au lieu d'être surpris que le peuple, en désespoir. commence à se révolter, on devrait l'ètre que cela ne soit pas arrivé plus tôt; mais la cause est facile à trouver : le peuple est épuisé et soumis par ... faiblesse. La misère dans un si riche pays est navrante, non pas seulement dans la province de Frise, qu'on appelle ici l'Irlande néerlandaise, mais partout. Une petite enquête sur la situation des ouvriers en Frise, révèle des conditions presque incroyables. Un charpentier donne la liste de ses heures de travail pendant les années 1872-87. Les voici pour quelques mois : Avril 1877 .368 heures Juin 1879 404 heures Mai 1876 .39) )) Juillet 1876 401 )) » 1880 429 )) )) 1877 406 )) )) 1881 .395 )) » 1878 .390 )) Juin 1873 407 )) )) 1887 400 )) Comme moyenne, on a pour le mois de mai, 1-6 heures par jour, hormis le repos. Pour les boulangers la journée est aussi de 1 5 à 16 heures, même de 18 et 19 heures. Les cordonniers de même. Dans les briquetteries, en été la journée est de 14 heures, en hiver de 1 o heures 1/2 et au printemps comme en automne de 12 heures. Voici un témoignage assez triste mais caractéristque: Le rnuss1gné est un vieillard, qui en juillet 1890 avait atteint l'âge de 80 ans.
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