2 LA REVUE SOCIALISTE eux nombre de ceux qui les a,·aient abandonnés parce qu'ils redoutent tout chanaernent de gouvernement. C'est-à-dire qu'à leur armée de b . . . paysans, ils comptent rallier la partie de la petite bourgeo1s1e qui, par prudence, les avait délaissés. Le Centre met sa ccnfiance dans la candidature officielle qui, sous des formes nouvelles, survit aux errements de l'Empire. La Gauche, enfin, pense profiter du mouvement plus ou moins profond qui parait porter vers le socialisme une bonne partie de la nation. Socialistes, nous avons pour devoir de rechercher par quels moyens, dans les élections prochaines, nos candidats pourront amener a eux le plus grand nombre de voix possible, afin de constituer, dans la Chambre à venir, une minorité puissante, et, peut-ètre, qui sait? Une maorité. II Examinons quelle est la situation actuelle du parti socialiste et de quelles forces il dispose pour le combat. Dans la Chambre, il compte à peine une trentaine de membres éprouvés, et certainement, p1s plus de deux ou trois au Sénat. Pas un homme illustre, pas un chef au 110111 sonore dont l'autorité en impose aux masses, à ces mouton:, de Panurge qui forment en tout pays la majorité du populaire. Il e:,t vrai qu'il a pour lui le plus grand nombre des ouvriers des vill-:s d des centres industriels, une certaine quantité de culti,·ateurs non propriétaires, beaucoup de petits artisans et négociants ruinés ou marchar,t à la ruine et, enfin, quelques bourgeois et savants au cœur génér-:ux ou à l'esprit juste, dont la valeur morale est, sans doute grande, mais dont le chiffre est absolument infime. Tous ces éléments additionnés peuvent vous donner peut-être un million et demi de voix. et habilement dirigés, envoyer à la Chambre prochaine, environ cent députés socialistes. C'est, à ce que j'estime, le plus beau résultat qu'on puisse espérer des élections générales si le parti se présente à la bataille avec les seules forces qui lui sont acquises en ce moment. Comptonsl'arméeadverse. Vousavez contre vous la nobless-:, la finance, le clergé, leurs suppôts et leurs clients ; la bourgeoisie haute et moyenne, et dans la basse, tous ceux qui n'ont pas encore renoncé ù l'espoir de s'enrichir ; vous avez contre vous tous les grands et moyens propriétaires, et presque tous les petits, cette épaisse masse de ruraux pour qui l'acquisition d'un lopin de terre est l'idéal rè\'~: de plus, les ouHiers qui Youdraient devenir patrons ou contre-maitres, et ceux, plus nombreux, que l'ignorance ou le besoin maintiennent cta11:s
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