APPEL AUX PAYSANS APPEL AUX PAYSANS Arrivée dans quelques mois, au terme de son mandat. la Chambre actuelle n'a plus qu'à mourir le moins:mal possible; elle ne doit pas même songer à laisser un testament, car il serait assurément cassé par celle qui lui succèdera. Peu intéressant à contempler est le spectacle de son agonie dans les affres du panamisme: tournons les veux vers l'avenir. Lorsque cette Chambres' est réunie pour la première fois, leCentre et la Gauche étaient républicains, mais l'on n'y comptait qu'un petit nombre de socialistes a\'oués. La dénomination de socialiste était en mauvaise odeur auprès de l'immensè majorité et il fallait une certaine crânerie pour s'en targuer. Depuis, deux faits importants se sont produits. D'une part. l'adhésion d'une partie de la Droite à la forme républicaine; et, d'autre part, un notable changement de l'opinion à l'égard du socialisme et des socialistes. Non seulement, soit dans le parlement, soit dans le pays, le mot et peut-être la chose, n'inspirent plus généralement ni répugnance. ni effroi, mais encore ils sont devenus presque de mode, et à ce point que plusieurs membres de la Droite, assurément les plus intelligents, sautant par dessus les Centres, tendent parfois la main aux plus avancés de l'extrème-Gauche. li faut convenir. du reste, que ceux-ci 1.es accueillent assez mal; mais le fait n'en est pas moins digne de remarque et peut avoir des conséquences. Devant les électeurs des prochains comices, les partis, du moins la Droite et la Gauche, se présenteront donc notablement modifiés. Les conservateurs ralliés espèrent que leur conversion ne leur fera rien perdre de leur ancienne clientèle qui, essentiellement cléricale, ne peut manquer de les suivre dans leur évolution si nos évêques ne se rebellent contre l'autorité pontificale; et ils espèrent, en outre, ramener à
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