La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

--6 /J LA REVUE SOCIALISTE tivei>à la théorie de la valeur de Marx que M. Gide rejette pour adopter la doctrine d'après laquelle la valeur dépend de l'opinion, de la croyance, du désir, ne nous ont pas convaincu. Il nous semble que les démonstrations de K. Marx restent toujours debout, défiant toutes les critiques; nous pensons que la lumineuse distinction entre la valeur d'usage et la valeur d'échange qui est en tète même du Capital ( 1er chapitre) permet de résoudre toutes les difficultés. •Nous ferons une autre objection à M. Gide au sujet de la manière dont il comprend et dont il critique le collectivisme. Il ne manque de reprocher aux socialistes-collectivistes leur récent programme agricole et d'y voir un abandon des principes anciens. Puisque vous voulez soutenir le petit propriétaire, semble-t-il dire, vous n'ètes plus conséquents vous-mêmes, vous comprenez la nécessité de la propriété individuelle du sol, vous la protégez. Le collectivisme n'est donc pas la panacée universelle. Nous répondrons au savant professeur de Montpellier que le collectivisme n'est point pour nous une vérité révélée, absolue, métaphysique, bonne en soi et partout applicable. Au contraire, le collectivisme est une vérité d'un ordre tout relatif, tout temporaire, applicable à certains cas et non à d'autres. Ce n'est pour nous qu\111e conséquence de la concentration industrielle et de la grande industrie. Partout où règne cette organisation éminemment collective de la production, nous soutenons que la distribution des produits et bénéfices doit être également collective, si l'on veut faire cesser la spoliation dont les salariés sont victimes au profit d'actionnaires souvent oisifs, inutiles et par suite peu intéressants. Le collectivisme doit suivre le mouvement de la concentration industrielle ou commerciale et non la précéder. - C'est la solution applicable à la grande industrie. - Nous croyons qu'elle serait praticable dans ce sens et bienfaisante. - Mais en dehors. on ne saurait prononcer à p1·iori, l'expérience aurait besoin d'être faite soigneusement. Ainsi, si une révolution sociale spoliait les grands propriétaires du sol, cette portion du sol pourrait devenir propriété nationale (et à ce sens le principe collectiviste serait observé) mais il resterait une question non tranchée: l'exploitation sera-t-elle individuelle au moyen de concessions à long terme faites à des propriétaires temporaires? ou au contraire collective? l'expérience seule déciderait. Notre principe général n'est pas le collectivisme. mais l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme. Dans certains cas. le collectivisme ferait cesser cette exploitation: dans d'autres, il faudrait reccurir à des mesures différentes. Nous ne saurions trup engager ceux de nos lecteurs qui voudrai-:nt se faire une idée de la science économique à lire et à méditer cet ouvrage; ils y trouveront tout ce qu'il est nécessaire de savoir. Cn nous permettra d'exprimer un vœu en terminant : c'est que la carrière de

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