La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

MOUVEMENT SOCIAL 739 11 y aider de tout mon pouvoir - que la nouvelle organisation n'oublier:i pas son point de départ et son esprit d'origine, n'oubliera pas que le socialisme a bien moins besoin de posséder un parti de plus à côté de tant d'autres, que d'avoir - ce qui lui manquait jusqu'ici - un instrument d€ rapprochement entre les divers partis déjà existants. C'est un rôle désintéressé, un rôle d'effacement; il n'en est que plus beau et plus glorieux. Citoyens, il est un plateau du continent asiatique qui porte un nom orgueilleux: le Toit du Monde. Un jour viendra où toutes les fractions socialiste~, tout en conservant leur parfaite autonomie, s'abriteront sous une commune et vaste toiture qui s'appellera le parti socialiste. Ce sera notre Pamir, à nous, le toit du monde socialiste. Cette construction - magnifique couronnement de notre édifice - que tous nos efforts tendent à la faire aboutir! Ql1e ce but reste notre ambition la plus haute - ambition en· apparence modeste, en réalité grandiose! Citoyens, vous n'avez encore sous les yeux qu'un projet; je compte que, ..:onformément à ce que vient de vous dire notre ami Fourniere, une assemblée générale des 4 fédérations sera convoquée à bref délai, afin de donner à ce projet une sanction éclatante - et indispensable. j'espere que cette importante consultation aura pour résultat de préciser mieux encore, si c'est possible, ce qui doit demeurer le but essentiel de l'organisation naissante, ce qui en fait une institution inattaquable et lui donne son caractere absolument original : travailler sans relâche à l'union de tous les socialistes. Citoyens, je bois au parti socialiste, la toiture du monde de l'avenir; je bois à ses vaillants constructeurs, les élus du 20 août et du J septembre. Au nom de la Fédération républicaine socialiste de la Seine, le citoyen Morin déclare que la victoire remportée par les candidats socialistes anx dernières él~ctions législatives, est due à l'union de tous le parci. Il demande qu'au lendemain de la victoire on ne brise pas ce pacte d'alliance, seule garantie des triomphes futurs. Après un juste hommage aux penseurs qui, les premiers, ont formulé la doctrine socialiste et l'ont défendue avec courage, il adjure tous les élus du socialisme, aux applaudissements unanimes de l'assemblée, d'avoir pol:lr mot d'ordre et pour tactique, en face de l'ennemi commun, l'union la plus complète et la plus mdissoluble sur le terrain des revendications économiques et sociales. Le citoyen Elie May au nom de la Ligue intransigeante socialiste, apporte son adhésion à l'union. Il dit que chaque fédération garde son autonomie, son tempérament et son mode d'action. Le Congrès qui doit se réunir prochainement, élaborera un programme minimum, et établira ur.e discipline auxquels toutes les organisations adhérentes devront se soumettre. Puis il excuse la commission d'organisation d'avoir fait figurer, par erreur, au nombre des invités, M. Cluseret qui, par ses déclarations à la presse réactionnaire et dans ses ouvrages, a constamment déversé

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