La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE Déclarations des quatre Fédérations Au nom de la Fédération des Socialistes independants, le citoyen Jadard prononce le discours suivant : Citoyennes et citoyens, Après le beau discours que vous venez d'entendre, je me demande ce que je pourrais ajouter. Mon entière adhésion est acquise aux idées si éloquemment exprimées par mon ami Fournière. Si je prends la parole, c'est seulement pour quelques explications sur l'esprit qui anime et sur le but que poursuit le nouveau groupement. Ce groupement n'est pas, en somme, tout à fait nouveau. li date de quatre mois. Au mois de juillet dernier nous en avons posé les bases par une premiè1c tentative. alors que deux des Fédérations ici représentées se sont réunies pou1 examiner ensemble si elles ne pourraient, en coalisant leurs efforts, exercer une influence utile sur le scrntin dont l'échéance approchait. Ne voulant rien laisser aux hasards de la témérité, elles ont reconnu que, même dans des limites d'une extrême réserve et d'une extrême modestie, leur action pouvait être sérieuse et bienfaisante. Elles ont décidé d'intervenir au second tour de scrutin pour inviter tous les pa1tis socialistes à se rallier au candidat ayant obtenu le plus de voix au premier tour. Avec quelle impartialité cette résolution a été exécutée, vous avez pu le voir; nous n'avons tenu aucun compte de nos préférences personnelles; nous avons fait trêve à toute dissidence, imposé silence à toutes les vieilles rancunes. Dans quelle mesure avons-nous contribué au succès, nous ne saurions le dire, ni nous ni personne. La marche du socialisme c'est celle de l'avalanche qui se joue de toutes les résistances, mais profite de tous les concours. Le fait est que nous avons vaincu; l'avalanche a emporté jusqu'aux idoles les plus respectées, jusqu'aux têtes les plus altières de l'aristocratie républicaine; du contre-coup elle vient même de renverser le pauvre Dupuy que nous n'avons même p;i.s la pitié de plaindre, maintenant qu'il est par terre. Nous avons été un des facteurs - bien minuscule - de la force irrésistible qui a précipité cette chute et cet effondrement, et qui hier jetait le désarroi dune panique sans exemple parmi les grenouilles parlementaires. Ayant été 11la peine dans la mesure de nos faibles moyens, nous avons le droit d'être i1la fête; nous avons le droit de célébrer comme un peu nôtre cette superbe victoire qui ouvre une ère nouvelle au sol.'.ialisme français - et international. Deruis, notre force s'est accrue; d'autres éléments sont venus s'ajouter aux premiers. Ql1atre fédérations se trouvent maintenant groupées sous cc beau titre : U11io1s1ocialiste. Bien plus, elles viennent de s'affirmer comme un parti nouveau avec le programme dont on vous a donné connaissance. Cette période d'évolution, qui a suivi les débuts dont je vous ai parlé, je ne puis rien vous en dire, n'étant point membre de la commission. Je n'ai donc qu'à constater le résultat qu'on nous soumet; Je n'ai qu'à applaudir à l'effort accompli pour grouper des énergies nouvelles au service de la cause socialiste. j'y :ipplaudirai encore bien davantage si je puis espérer - et je suis prèt

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