734 LA REVUE SOCIALISTE gou vern:111ts actuels cl 'imiter Bismarck, eh bien nous changerons de tactique. Nous imiterons nos frères d'Allemagne et nous n'aurons alors rien lt y perdre. Est-ce pour justifier la fraction socialiste dont vous êtes aujourd'hui les hôtes que je parle ainsi. Vous ne le pensez p:is, et vous savez que nous n'avons pas besoin de justification. Le baptême joyeux auquel nous vous convions, n'est pas celui d'un nouveau-né, mais d'une fraction déjà ancienne reconnue par trois congrès internationaux et qui a pris part depuis cinq ans à toutes ks manifestations d'ensemble du parti socialiste. A cette fraction sont venues se joindre la Fédération des répu bl icai ns socialistes, la Ligue socialiste intransigean te et la Fédération française de la libre-pensée. Nous ne sommes pas le parti socialiste tout entier, notre U1tio1tdes trat•ailJ,:urs socialistes n'a pas tant d'ambition; il n'a que celle de lutter _aux côtés des autres fractions pour le triomphe de nos idées communes. Ce n'est pas auprès de nos voisins et cama.rades en socialisme que nous avons à faire le recrutement des soldats de la Révolution sociale; mais nous avons l'impérieux devoir de faire appel aux forces éparses d:rns le pays, de leur donner conscience de ce qu'elles peuvent, et de les réunir aux forces socialistes des deux mondes, pour l'assaut suprême et définitif qui ruinera les forteresses du passé. Le public qui ne nous connait que par les récits de la presse, plus ignorants encore qn'intéressés, nous divise volontiers en révolutionnaires et en modérés. Cette distinction n'a aucune raison d'être. Evolutionnistes nous sommes, non seulement parce que la science moderne est la maîtresse et le guide sûr de nos théoriciens que nos hommes d'action et de propagande n'ant jamais songé à chercher ailleurs qu'en elle la règle dc leurs actes, mais encore parce que tous, à quelque fraction que nous appartenions, nous savons que l'état politique d'un peuple n'est que l'expression exacte de son état social, et que si l'on peut préparer l'avenir avec les minorités, c'est avec les majorités, j'allais dire avec l'humanité, que se fondent, s'asseoient et durent les grandes tranformations. Révolutionnaires nous sommes, d'abord parce que nous sommes les seub héritiers et continuateurs de l'œuvre de la Révolution française, parce quc 11ous voulons, avec sincérité, l'application des principes de liberté, d'égalité d de justice qu'elle proclame; ensuite parce que, conformément aux indication~ de l'évolution économique qui exige l'égalité dt! l'évolution politique, qui exige la liberté de l'évolution morale qui exige la solidarité, nous voulon!- transformer radicalement les institutions sociales dont seule une infime, mépris:ible et parasite minorité recueille les avantages. Enfin, nous sommes révolutionnaires, parce que, sans pousser aux aventures stériles ou ridicules, toujours périlleuses pour le progrès social, nous n'entendons pas être à toute force les dupes d'une légalité qu'on viole sans cesse ;1 notre détriment. Cette légalité n'est pas le produit d'un libre contrat entre citoyens libres et égaux, mais le résultat de la force dans ses diverses transformations à travers les siècles. Les édits rendus jadis par le bon plaisir du monarque et les lois que subit, par ses inexacts représentants, une démocratie courbée sous le bon plaisir du capital, sont à peu près semblables à nos yeux. Le contrat social n'est pas de ma façon, àisait le poete. Q!te si llonc une crise politique ou économique lançait dans la rue les masses populaires à la recherche
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