J\IOUVEMENT SOCIAL ï33 y trouveront toujours un :iccueil qui ks reposera des t::iches ingrates que vous leur avez assignées dans le Palais de la Bourgeoisie. C'est à dessein que les organisateurs ont choisi ce lieu, où l'effort désintéressé de militants de toutes fractions :1 pu édifier une v:iste et confortable demeure dans laquelle ch:iquc socialiste puisse dire en entr:int : Je suis chez nous. Citoyens élus, le logis n'est pas tr.":sorné. Vous y chercheriez en vain les chefs-d·œuvre de la peinture et de la st:ituaire qui décorent le Palais-Bourbon. Mais vous trouverez ici dwx choses qui manquent là-bas : la cordialité et la sincérité. La plupart d'entre vous, citoyens députés, n·ont pas attendu que le bon plaisir de M. Dupuy les mit à mt!me de remplir leur mandat. lis se sont résolument jetés dans la bataille engagée dans le Nord et le Pas-de-Calais et ont ~outenu pendant près de deux mois l'héroïsme des quarante mille mineurs de cette région. A ce signe nous avons reconnu que nou~ étions réellement représentés par de!>serviteur~ de l:t démocratie sociale. On a dit que vous seriez divisés au Parlement. Votre préseneo.: 11 cette réunion répond aussi victorieusement que répondit, mardi dernier, votre unani111:: :1ppl:Judisse111ent au magistral discours de Jaurès, dans lequel fut affirmé le socialisme, tout le socialisme. qui est enfin devenu l'ennemi. Il y a des fractions dans le socialisme, comme il y a des armes diverses dans une :irmée; mais depuis quand l'artilleur n'est il-plus le frO::red';:rmes du bntassin, et oil :it-011 vu un cavalier refuser son aide :1 un tirailleur. Attaquez-nou:,, messieurs, d vous verrez si nous ~ommes désunis. On disait à 111011 cher ami et regretté édu(ateur, Benoit Malon (longs ,1pp!a11dissm1ents) que les socialistes de toutes nuances ont triomphalement ..:onduit au repos définitif il y a deux mois : « Une des causes d'impuissance des socialistes français, c'est leur division en fractions séparées. » Et le philosophe répondait: « Ce que vous prenez pour une cause et un signe de faiblesse, je le prends pour une manife~tation de la puissance de l'idée socialiste. Lt>5 groupements dive1s réponden-t aux diverses situations et aux diffùents ternpér:iments des prolét1ires fran(ais. De la sorte, toutes les activités, stimulées par l~ voisinage cles groupes rivaux, s'emploient et la propagande y gagne d'autant. » Oui, divisons-nous, ajouterais-je, ou plutôt dispersons-nous, de manicrc que ch::iquc souffra11ce socia!t: et chaque revendication d'opprimé trouve son r.!fuge et son expression d:ms le socialisme. Nous n'aurons jamais autant d'école~ ·ocialistes que le christianisme naissant et même triomphant compta de sectes. Et cependant il a gouverné les esprits pendant dix-huit siècles. Disperson - nous pour la propagande, mais réunissons nous pour le combat. A présent que s'effacent les mauvais souvenirs des divisions passées, on peut bien le dire : Chacune d·elles a répondu à un besoin, car il n'est pas d'effets sans causes, et chacune d'elle a engendré un accroissement de forces. Le socialisme allemand a pu se développer dans l'unité doctrinale et de lactique sous la lourde main de fer des revenants du moyen-âge. Sous la molle patte de velours de nos bourgeois libéraux à peu près prisonniers de leurs principes et n'osant les violer qu'hypocritement, le socialisme français s'est développé dans sa diversité. Si nous comparons les réstiltats des deux côtés de la frontière, nous pouvons dire que nous n'avons pas le mauvais lot. S'il plait à nos
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