La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

722 LA REVUE SOCIALISTE traires. Et c'est ainsi que vous aboutissez à une politique qui n'est plus, comme je le disais tout à l'heure, que l'absence de toute politique et de tout gouvernement, et qui consiste uniquement à vivre au jour le jour et à durer. Il y a plus. Des évènements se sont produits, ces temps derniers, à l'étranger qui ont eu leur contre-coup en France, et vous avez cru alors, à la veille de la rentrée des Chambres, que vous pourriez donner à votre politique une autre aspect et un autre but, qui est de résister ! Messieurs, ici non plus il ne faut pas de confusion. Il n'y a, j'en suis convaincu, dans cette enceinte personne pour prendre la défense des misérables qui, sous prétexte de donner des avertissements à une société qui ne fait pas assez vite la justice, attentent de la façon la plus odieuse à la vie des citoyen~ les plus innocents. (Applaudissements sur un grand nombre de bancs.) Poursuivez-les, condamnez-les, et d'abord tâchez de les découvrir. (Très bien! très bien!) Vous nous annoncez des lois nouvelles sur les substances explosibles. Il y a plus d'un an qu'après l'explosion de la rue des Bons-Enfants, dont vous n'avez pas trouvé les auteurs, on nous a annoncé ces lois, et on ne le~ a pas apportées. Elles renaissent à la veille des déclarations ministérielles. (Très bien! très bien!) Puis vous nous annoncez d'autres lois : des lois contre les syndicats, contre la presse. M. CHAR.LEDSuruv, président du conseil, ministre de l'intérieur. -Jen'ai pas parlé de cela! M. RENÉGosLET. - Mais on en a parlé! M. PAULDESCHANEL-. j'ai parlé des lois pour les syndicats (Exclamations ironiques à l'Extrème gauche.) Oui! j'ai demandé qu'on leur donnât le droit d'acquérir et de posséder. M. RENÉGosLET. - Si vous nous apportez des lois de ce genre, nous le~ examinerons avec sang-froid, bien persuadés qu'il s'agit ici beaucoup plutôt de renforcer l'aUion de la police que de 1établir de vieux délits supprimés, ou de supprimer les libertés nouvelles que nous avons créées. Mais ces questions, quelque attention qu'elles méritent de notre part, ne peuvent nous détourner de la tâche à accomplir, ni surtout servir de prétexte au cabinet pour inaugurer à nouveau cette politique de résistance qui a toujours perdu tous les gouvernements. La résistance, est-ce là ce que vous allez opposer à cette force nouvelle dont je parlais tout à l'heure, qui se lève, réclamant plus de justice sociale et qui, ainsi qu'on vous l'a dit !"autre jour, a obligé l'Eglise clle-mème et le~ plus puissants empires à compter avec elles? La résistante! quand nous avon~ encore tant de choses à accomplir pour faire de la République le véritable gouvernement de la démocratie! (Applaudissements sur divers bancs à gauche.) Et en quoi donc avons-nous tant changé les fondements de ce vieil édifice social cher aux favori rés de la fortune? Je sais bien - on nous le répcte tous les jours - que nous avons porté une sérieuse atteinte au privilége de l'instruction et au privilège plus exorbitant peut-ètre de l'exonération du service militaire. Je me demande seulement, ou plutôt je ne me demande pas si, dans l'application de ces lois, vous apportez cette administration exacte dont vou!'

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