La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

720 LA REVUE SOCIALISTE cela ne vous donnera d'argent. Et quand vous parliez de ces réformes, il me selllblait vous entendre retourner la célèbre formule pour demander moins à l'irnpot et plus au contribuable. (Rires sur les mèllles bancs.) .M. PAULDESCHANE-L. Mais nous voulons ·atteindre les revenus rnobi1 ic:·s ! M. RENÉGosLET.- li n'y a qu'un moyen de se procurer de l'argent, c'est de le prendre là où il est (Très bien! très bien! à gauche. - Interruptions), sur la richesse; c'estdefaire l'impot sur le capital et le revenu. Le voulez-vous? (Vifs applaudissements à l'extrème gauche et sur divers bancs à gauche.) Je déclare que si la Chambre voulait entreprendre cette réforme et la mener ~t fin, elle honorerait considérablement, suivant 111oi,.cette législature, et, pour ma part je prendrais volontiers l'engagement de voter jusqu'au bout pour le cabinet qui apporterait cette réforme et la ferait adopter par la Chambre et p::r le ~énat. Le voulez-vous? Ne 111erépondez pas par des échappatoires; ne me dites pas que vous ne voulez pas de l'impot unique. Ql1i est-ce qui vous a demandé cela? Nous n'avons jalllais prétendu faire renonœr l'Etat à ses monopoles fructueux ou supprimer l'impot sur les successions. Nouscroyons qu'il doitètre, au contrair.::, aggravé. (Exclamations au centre.) Oui, l'impot sur les successions doit ètre plus lourd, et il faut supprimer le droit successoral en matiè1e collaté,alc ;1 p:ntir d'un certain degré. (Vifs :ipplauclissements ;1 l'extrème gauche. - Interruptions.) Nous n'avons jamais demandé et je ne demanderai jamais, pour ma p:nt. b suppression de l'impot sur l'alcool, qui, au contraire, peut ètre, je le reC')nnais, augmenté dans une certaine mesure ... (Très bien! très bien ! ~l l'extr2me gauche), pas autant que vous l'aviez voulu. A coté de cela nous croyons qu'il y a place pour l'impôt sur le revenu. Comment l'entendons-nous? Est-ce que nous vous demandons de l'~tablir en bloc et de supprimer d'un seul coup tous les impôts qu'il devrait remplacer, au risque tie compromettre notre sécurité financière! Qyi demande cela? Pour rn.1 part, j';ii toujours compris que cet impôt ne devait s'introduire dans notre sy~- tèmc fiscal qu'à dose minime d'abord et à titre d'expérience (Mouvements divers.) M. LECOMTE DE BERNIS-. 11faut s'habituer au poison! M. RENÉGosLET.- ... de manière que quand vous connaitrezccquïl peut donner, vous puissiez, en élevant le tJux, supprimer les contributions les plu-; injustes, et tout d'abord l'octroi, ce que vous ne ferez pas p::ir un autr..: moyen. Je vous demande si, dans ces conditions qui répondent aux obje.:tions d; b d~claration ministérielle, vous voulez faire l'impot sur le revenu. j'oubliais que vous ne le voulez pas s'il est progressif. En 1887, monsieur le president du conseil, quand j"avais l'honneur d'être à la tète du cabinet, j'ai de:11andé à la Chambre d'adopter le principe de l'impot sur le revenu et j'ai fait é~arter ce ciractere progressif dont vous ne voulez pas. Et cependant il est progressif ailleurs, et vous s:ivez bien que le ministere italien le proposait hier. (Exci:un:itions.) M. PA'JLDEsc:-iANE-L. Il en est 111:>r!t(On rit.)

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