LA REVUE SOCIALISTE M. GoTTERON-. Pour faire b revision de la Constitution il faut l'ass<!ntiment du Sénat. (Rumeurs i1 l'extr~me gauche.) M. RENÉGosLH. - Il faut commencer par le lui demander. Mais, messieurs, je date de loin; je me rappelle bien dans quelles canditions on m'a fait voter la Constitution de 1875, et je ne l'aurais jamais acceptée si tous les républicains d'alors ne s·étaient juré de la reviser i1 la première occ:ision. (Applaudiss~ments à l'extrème gauche et sur divers bancs i1gauc!1e.) M. i\lAURICFEAURE-. Gambett:i l'avait hautement proclamé! M. RENfGoBLET-. Vous nous dites que vous ne voulez pas de la s~par:ilion de l'Eglise et de l'Etat, ou plutàt que vous ne croyez pas que cette réforme puiss~ aboutir dans b législ:lture actuelle. Ce sont les mots dont vous vous êtes Sèrvis dans la déclar:ition. Mais qui vous demande de la faire aboutir dans cette légisbture? Je ne l':ii jamais dem:rndé. Lï10nor:1ble M. Deschanel, l'autre jour, avec cet esprit qui le c:iractérise, a cru rne mettre dans une situation emb:irrassante en me rappelant une parolt: que j"ai prononcée il y a quelque,; années, alors que j'avais l'honneu1- de diriger le ministère des affaires étrangeres. C'était au lendemain de cette visite faite au p:ipe par l'empereur Guilbume, visite qui avait été si brutalement interrompue dans les conditions que vous savez; et l'on venait demander :1 b Chambre de remplacer notre ambassadeur auprès du Vatican par un simpk ch:irgé d'affaire. J'ai dit alors: A quoi bon? Est-ce le moment d"ajouter aux amertumes du pape? Je n'ai pas /1renier cc langage. Est-::e que vous m'avez jamais entendu parler en termes qui ne fussent pas convenables ou de la religion ou de b papauti? M. PAULDESCHANE-L. Vous .:tes trop courtois pour cela. M. RENÉGoBLET.- Eh bien! :tlors, qu'est-œ que vous avez voulu dire et pourquoi avez cru y mettre tant de malice? (Ri1:esà gauche.) M. PAULDESCHANJ-;L. M:iis non! fesp~re que vous nous app~1ierez dé- ~ormais. M. JuuENGouJON.- ·cest L:n sentiment très généreux; il ne faut p::tsle regretter. ( 8 ru it.) M. RENÉGosLET.- Vous 111·avez,l'autre jour, fait cet honneur très inattendu de citer plusieurs de mes p::iroles. je n'en ai aucune à répudier. Au contr.1ire. je vous livre toutes celles que j'ai pl~ prononcer ou écrire, et j'affirme que je n'en désavouerai aucune. Est-ce que j'ai jamais demandé de faire la c;éparation des Eglises et de l'Etat hic et nunc·? Est-ce que j'ai jamais demandé ou voté, pas plus comme député que comme ministre, la suppression du budget des cultes ou la suppression de l'ambassade auprès du Vatican? Jamais! (Mouvements d;vers.) Au centre. - Eh bien! alors? M. PAULDESCHANEL.'-Prenez garde! vous allez il droite. (On rit.) M. RENÉGosLET.- Attendez! j'ai toujours soutenu comme député et comme ministre que la suppression du budget des cultes et la suppression de l'ambassade auprès du Vatican ne pouvaient are que l::t conséquence de la séparation, et que la séparation ne pouvait se faire qu·aut.:nt que, par des lois pré-
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