La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS suffirait pas de blâmer le gouvernement et de dégager sa responsabilité en disant: C'est au Gouvernement qu'il appartient de déposer des projets. (Très bien ! très bien! sur les mêmes bancs.) j'estime que, sur toutes les questions qui pourront être soulevées, nous aurions le devoir d'apporter nos solutions, de les soumettre au jugement de la Chambre d'abord, du pays ensuite, et de montrer enfin que nous sommes vraiment le parti des réformes, prêt à appliquer ses idées, en {ace du parti de la conservation. Voilà comment j'entendrais le rôle de l'opposition, si nous en étions réduits là. j'aborde maintenant cette déclaration etje vous demande la permission de dire quelques mots sur chacuq des points qu'elle touche. Elle parle de la revision de la Constitution. Vous dites : « Nous n'en voulons pas. » Je le comprends, puisque vous ne voulez pas faire les r~formes importantes dont je vous parle. Au centre. - Lesquelles? (Exclamations à l'extrême gauche.) M. CAMILLPEELLETAN-. On demande «lesquelles» au moment même oü l'orateur parle de la revision de la Constitution. M. RENÉGoBLET.- Vous savez bien queiles réformes nous avons réclamées; elles vous ont été énumérées l'autre jour par M. Lockroy; M. Barthou et M. D~schanel les ont discutées; il n'est donc pas très sérieux de m'interrompre par ce mot : Lesquelles? Je n'ai pas à vous les faire connaître, j'ai à les discuter en deux mots. La première est la réforme de la Constitution. (Ah! ah! au centre) Parfaitement! j'ai rappelé que vous n'en vouliez pas,] et je le comprends. Puisque vcus ne voulez pas faire les autres réformes dont je vais vous parler, vous n'avez pas bessin de la revision. Au contraire, le Sénat vous apparaît comme une garantie contre les projets trop hasardeux, selon vous, qui pourraient sortir de cette Chambre. Mais pour nous qui voulons ces réfornies, nous ne pouvous noys empêcher de penser que le Sénat est un obstacle et que par conséquent il est nécessaire .... M. PAULDESCHANE-L .... d'en demander la suppression? M. RENÉGoBLET.- C'est M. Deschanel qui me dit cela? S'il voulait bien -demander à son collègue M. Barthou de lui communiquer une petite b1ochure qu'il a dans son dossier, et que j'ai écrite sur la revision de la Constitution, il .Yverrait que je demande simplement qu'on modifie les attributions du Sénat. Vous ne voulez pas même cela ! M. Louis BARTHOU-. Elle contient même des choses qui ne plairaient pas à vos amis! M, RENÉGoBLET.- Vous ne voulez même pas assu1er le dernier mot à la Chambre ; vous ne voulez mème pas consacrer par là ce que ce programme dont on se moque, celui de la réunion progressiste, appelle « la souveraineté du suffrage universel ». Cette souveraineté aujourd'hui est entre les mains du suffrage restreint; le suffrage universel ne peut réaliser ses volontés qu'autant que le suffrage restreint lui en aura donné licence, et vous ne voulez pas de la. revision de la Constitution ! Cela est entendu.

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