LA REVUE SOCIALISTE plus complètes, tant de républicains pénétrés désormais de l'idée qu'on ne peut plus .séparer les réformes sociales des réformes politiques. et qu'il leur faut trouver une solution. (Très bien! très bien!) Et vous même M. Deschanel, et vous même M. Barthou, qui repoussez si énergiquement le mot « socialisme », n'avez-vous pas constamment à la bouche le mot de réformes sociales. Vous avez aussi la prétention d'en faire et vous voyez bien que, si vous différez sur les moyens, vous ne pouvez constester le mal ni la nécessité d'y apporter remédier. M. Louis BARTHOU-. Je ne l'ai pas contesté! M. RENÉGosLET. - Eh bien! je dis que ce n'est pas en attaquant de front le socialialisme, en le repoussant d'une façon violente, comme vous avez est sayé de le faire l'autre jour, que vous le vaincrez; vous le rendrez plus fort. (Très bien! très bien! à l'extrême gauche.) M. COUTANT-. Nous l'espérons bien! M. RENÉGoBLET.- .... li n'y a qu'un moyen de lutter contre certaines de ses théories, - et vous Je savez bien M. Deschanel : vous avez bien voulu rappeler vous-même, l'autre jour, que je m'étais, en toutes circonstances, prononcé contre l'internationalisme et le collectivisme, - je dis qu'il n'y a qu'un moyen de lutter efficacement contre ces tendances que je crois, moi aussi, chimc::riques et irréalisables : c'est de donner aux besoins légitimes la satisfaction qu'ils attendent et à laquefle ils ont droit. (Applaudissements à l'extrême gauche.) Sur divers bancs à gauche. - Laquelle? M. Rr:.NÉGoBLET.- Au surplus, il y a un point qui domine tout : c'est que, sur 580 députés que comprend cette Chambre, le pays a envoyé ;oo républicains. Eh bien! je me demande s'il est un seul instant possible que d'une pareille force on ne puisse rien faire, qu'on en soit réduit à la nomenclature dont on nous parlait l'autre jour et que nous ne puissions pas, dans ces 500 membres, dégager un6 majorité capable d'accomplir enfin ... quoi? quelqu'une au moins des réformes du vieux programme républicain. Plusieurs membres à gauche. - Lesquelles? M. BALSAN-. Faites votre nomenclature! M. RENÉGoBLET.-C'est sur ce point, messieurs, que nous allons nous départager et préluder à la formation de ces deux grands partis sans lesquels il n'y a ni régime parlementaire ni gouvernement libre. Comment nous départagerons-nous? C'est là question. Je dis tout de suite que si, contre mon attente, une majorité devait se former dans un sens hostile aux réformes que nous venons d'indiquer ... Au centre. - Lesquelles? M. RENÉGoBLET.- Je dis que si, contre mon attente, une majorité se formait dans un sens opposé à celui que je désire et qne j'espère, je vous prie de croire qu'il n'y aurait pas là matière à nous décourager; je pense même que, dorénavant, l'opposition ne devrait pas être une opposition de parti pris, une opposition systématique vis-à-vis des ministères représentant des doctrines différentes des nôtres qui pourraient se succéder au pouvoir. j'estime qu'il serait temps pour l'opposition, avec la force qu'elle aurait dans l'hypothèse où je me place, de sortir de son ancien rôle de négation et de <:ritique pure (Très bien! Très bien! à l'extrême gauche) et qu'il ne lui
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