LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS le vide. - Nous reproduisons ci-dessous quelques passages importants de ce discours, qui fait honneur à l'esprit politique et à la ciairvoyance de l'ancien ministre : Messieurs, mon honor::ible ami M. Jaurès connaît trop bien mes sentiments sur les questions politiques qui nous occupent, pour que j'aie be;oin de lui r::ippeler, 11 lui p:irticulièrement, que, tout en admirant sa merveilleuse parol,e, et m::ilgré la sympathie très sincère que m'inspire la générosité de ses sentiments, je ne ne partage ni toutes ses théories ni toutes ses espérances. Il s:iit parfaitement ce qui nous divise,ce que j'accepte de son programme et ce que ïen repousse, et que mon inaltérable. attachement à la liberté ne me permet p:1s de croire avec lui à cette transformation qu'il :ittend d'un avenir difficile ~l entrevoir et, dans tous les cas, de la souhaiter. (Mouvements divers.) Un membre au centre. - Alors, vous êtes un réactionnaire. M. RENÉ GosLET. - M:iis enfin, messieurs, est-ce qu'il n'y a p::is une grande part de vérité dans cette contradiction violente, que M. Jaurès vous signalait l'autre jour, entre l'égalité politique complète, absolue, que nous avons faite dans nos lois et nos institutions, et l'inégalité qui subsiste - cela est in- (Ontestab!e - dans l'ordre économique? L'honorable président du conseil a entendu cette parole; il l'avait provoquée, car il s'était directement adiessé aux socialistes. li me permettra de lui dire qu'il 11·ya pas répondu. Je s:iis bien que MM. Barthou et Deschanel ont essayé de le faire à sa place, avec infiniment de talent - je leur ai déjà rendu justice sous ce rapport, - mais· au fond, selon moi, d'une façon tout li fait insuffisante. Vous nous ava parlé, je le sais, non pas de 1,500,000, mais d~ _, millions de petits propriétaires ruraux, mais vous vous êtes arrètés quand on vous a demandé combien ils avaient de terre à se partager; vous n'avez pas donné ce renseignement. (Très bien! tres bien! sur divers bancs à gauche et ü l'extrême gauche.) On demandait l'autre jour à M. Jaur~s dans quel pays il avait vécu, et moi je me sens tenté de vous demander si vous êtes descendus quelquefois dans les mines ou si vous avez pénétré dans ces giandes usines, dans ces vastes m:111ufadures où s'entassent depuis le matin jusqu'au soir des légions d'ouvriers, hommes, femmes et enfants, pour y gagner péniblement leur subsist:rnce. Je ne nie pas le progrès, et c'est ici, suivant moi, que la théorie exposée l'autre jour pousse trop loin son argumentation. Le progrès se fait, mais il n'est n'est pas rapide, et quand les plus déshérités parmi les travailleurs vous font entendre leurs plaintes, je vous demande si vous croyez qu'il n'y a rien 11 faire pour hâter cette trop lente évolution. (Applaudissements sur les m~mes bancs.) Nous ne disons pas autre chose. C'est pour cela qu'à côté des so(iai;st-:-:; ,ontre lesquels vous avez tourné tout votre effort, espérant par El, sans douk, faire illusion à la Chambre et l'entrainer vers la politique que vous voulez fair~ triompher (Très bien! très bien!), c'est pour cela qu'à coté des soci::ilistes sont revenus dans cette Chambre. - qui ne ressemble 1x1s 11 l::i pr~céden'.e, n'est-il pas vrai? - sacrés par le suffrage universel après les expliotions lès
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