J.A REVUE SOCIALISTE plus qu'une man.:handise que les détenteurs du capital acceptent ou n::fusent /1 leur gré. Il peut être chassé de l'atelier, il ne collabore pas aux règlements d'atelier qui deviennent tous les jours plus sévères et plus captieux, et qui sont f.,its sans lui et contre lui. Il est la proie de tous les hasads,• de toutes les servitudes et. :1 tout moment, ce roi de l'ordre politique peut ~tre jeté dans la rue; à tout moment, s'il veut exercer son droit légal de coalition pour défendre son salaire, il peut s;.: voir refuser tout travail, tout salaire, toute existence par la coalition des grandes compagnies minières. Et, tandis que les travailleurs n'ont plus 3 payer, dan-; l'ordre politique, une liste civile de quelques millions aux souverains que vou-; avez détrônés, ils sont obligés de prélever sur leur travail une liste civile de plusit::urs milliards pour rénumérer les oligarchies oisives qui sont les !:>OU\'eraines du travail national. (Applaudissements répétés sur plusieurs b.'.lnls :1 l'extrémité gauche et à l'extrémité droite de la salle.) Et c'est parce que le soci.1lisme apparaît comme seul capable de résoudr~ cette contradiction fondamentale de la société présente; c'est parœ que le !:>Oci.1lisme proclame que la République politique doit aboutir à la Républiqd~ sociale. c'<:st parce qu'il veut que la République soit affirm~e dans l'atcl1er comme elle est affirmée ici, c'est parce qu'il veut que la nation soit souvcrai:1e dans l'ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l'ordre politique. c'est pour cela que le soci.1lisme sort du mouvement républicain. C'est la République qui est le grand excitateur. c'est la République qui est le grand meneur: traduis.cz-la donc devant vos gendarmes! (Nouveaux applaudissements sur les m.;mes ban(s.) Et puis, vous avez fait des lois d'instruction. Dès lors, comment voulezvous qu'à l'émancipation politique ne vienne pas s'ajouter, pour les tr;ivailleurs, l'émancip:ition sociale quand vous avez décrété et prép;iré vous-m~mes leur émancipation intellectuelle? Car vous n'avez pas voulu seulement que l'instru.:tion ftît universelle et obligatoire: vous ::ivezvoulu aussi qu'elle fLitlaïque. et vous axez bien fait. (Marques d'assentiment sur divers bancs. - Bruit au .:entre.) M. ADOLPHE TuRREL-. M. l'abb~ Lemire ne vous applaudit pas au mJt « laïque », tandis qu'il vous appbudiss.1it tout à l'heure. (Bruit.) M. Louis JOURDAN. - D:ins tous les cas, il donne un exemple qui n·esl malheureusement p::is:issez suivi. Il faudr:iit en voir beaucoup comme lui• (Bruit.) M. JAURÈS. - Vous n'::ivcz pas, comme vous en accusent souvent des .1dv~rsaires passionnés, ruiné les croyances chrétiennes, et ce n'était pas votre objet. Vous vous proposiez simplement d'instituer dans vos écoles une édu-:ation rationnelle. Ce n'est pas vous qui avez ruiné les croyances d'autrefois; elles ont été minées bien avant vous, 9ien avant nous, p;ir les développements de la critique, par la conception positive et naturaliste du monde, par la connaiss:rnce et la pratique d'autres civilisations, d'autres religions, dans l'horizon hum::iin élargi. Ce n'est pas vous qui avez rompu les liens vivants du 1..hristia_ nis111eet de la conscience moderne; ils étaient rompus avant vous. Mais cc que vous avez proclamé, c'est que 1::i seule raison suffis:1it 11 tous les hommes pour
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