La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA QUESTIO:--1 SOCIAL.!:: DEY ANT LES CORPS ELUS M. ADOLPHTEuRRL!.-.. Apr_t les chanoines. les prédic:1tcurs ! (Rruit.) M. JAURÈS-. Alor,-, 111cssieL1rsa,vec cc gouvernement sauveur qui :1ur:1 m:uch.: sur le fantôme, qui :iura dissip~ Je cn1cheniar, vous pourrez VOLISlivrer en t::>u,esecurité. en toute sérénité, à la petite besogne quotidienne. D:111sl:i rnaiso:1 opitaliste co:i;;oliJ::i•~. vous pr:itique;-cz quelques petit.:!s rip:ir~tio?i:- pour p:isser 1c temps. M:iis si, au contraire. le 111ouve:nent soci:lliste est déterminé tout :1 b fliis p.u l:i f.)rn1c de l:i proJu~tion dans le monde conte111por.1in et i':ir l'état des sociétés politiques, s'il tient tout ensemble :iu cœur même des chost!s et :1ux entr:iilles du prolétariat, en eng:ige:int l:i majorité gouverncment:tlt! d:ins l:1 lutte i:ontre lui, VOLISl'eng:igez, monsieur le président du con,eil, dans le plu, ru:le, d:ins le plus douloureux et le plus h:is:ir,leux des .:omb:its. Lorsque vous aurez ab:ittu, ou emprisonné, ou b:iillonné quelques-uns de ceux que vou~ appdez les chefs, il en surgir:i d'autres du peuple mème, de la nci:essité mè1;1c. infatig:iblernent. (Applaudissements~ l'extrême g:iuche.) Lorsqu.:: vous :iurez dompté le prolétari:it sur un point, il se rekver:1 sur un autre; quand vous croirez l'avoir dompté p:irtout, il recueilkr:i ses forces pour de nouvell.::s revendic:itions et de nouvelles affirmations. Vous obtiendrèl. p.::ut-2tre un silence m.omentané, vous n'oMiendrez p:is l:i résign:ition. (MouV-!ment.) Vous n':iurez p:i~ b p:iix; vous n'aur.::z qu'une trèv.:: inqui.:•tc et sou;,\·,nncuse, et le te111ps.lt:s :111nées111èrnetrav:iilleront contre vous. Car, d'une p:irt. le dJvdoppemcnt du mai:hinisme et de l:i grande industrie :ichevera de jd~r dans le salariat ces p"!lits :irtisans, cdte petit.: bourgeoisie derrière laquelle vous vo~1sabritez encore, et l'armée ennemie ser:1grossie de ·tous les expropriés, t'.<.: tous les spoliés de l'ordre social :ictucl. D'autre part. ay:111tperdu dans les agitations, dans les répressions systémém::itiques, dans les luttes imprudentes engagées contre un mouvement p~:i,.- s:int, le meilleur de votre for..:c, il ne vous restera plus ni temps, ni lih·r:: d'esprit. ni énergie pour ré:ihser même ces r~forrnes p:irtielles qui i.e s:iuvcr::iic::î p::;s !"ordre social actuel, mais qui, en calmant quelques douleurs et en dés:1rmant quelques colères, vous donneraient au moins un peu de répit. Si biw que la majorité républicaine se trouvera dcv:int nne crise tous les jours plus gr:ive. plus grave par le développement rnème des rnnditions de la produi:tion qui créent le socialisme. plus grave parcequevotreesprit d'agression et de résistance aura accumulé les colères et les difficultés. (Appl:rndissements sur divt:rs b:rncs ;1 g:iuche. - Exclamations au centre.) j"ai donc le droit, monsieur le président du conseil, de vous dc111:111t:t:r ce.:i: Je vous prie de dire netternent à l:i majorté que vous voulez groupt:r derrière vous si vous esperez avoir raison du mouvement soci::iliste avec !l's quelques lois d::!police que vous annoncez, si vous i:royez en avoir raison (;Il quelques escarmouches, ou si la majorité gou vernemen t:ile va <:!treobi igée dt: s'armer du bouclier et du glaive p:)l1r la plus longue et la plus rude des expéditions à l'intérieur. (Très bien! sur divers bancs à g:iuche.) Ah! je le sais bien, 011essaye, et tout à l'heure dans votre déclaration vous avez essayé vous-m2me d'éluder le problè!"neavec ces mots de «meneurs.:, M. LE PRÉSIDENT DU co:-hrn. - Je ne l'ai pas éludé. Je l':ii posé très nettement.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==