LA QUESTION SOCIALE DEYANT LES CORPS ELUS ce n'est pas par de pareilles déclamations qu'on remplace la précision politique. Très bien! très bien à l'extrême gauche.) Il reste vrai, après ces paroles, que la majorité qu'on invite à appuyer k Gouvernement a des explications précises à demander. (Très bien à gauche.) M. Je président du conseil n'a apporté ici qu'une sorte de programme négatif: Pas de révision, pas de séparation de l'Eglise et de l'Etat, pas de grandes réformes fiscales. Mais ces négations suffiront-elles à constituer une majorité de gouvernement et à alimenter la vie de la Chambre? je ne suppose p:is, lorsqu'il a parlé de l'impôt unique, inquisitorial et progressif, qu'il ait eu l'intention d'être particulièrement cruel pour son collègue M. le ministre des finances. (Rires à l'extrême gauche). M. PEYTRALm, inistre des finances. - Je n'ai jamais entendu établir un impèt unique, ni un impôt inquisitorial, ni un impôt progressif. (Exclamations en sens di vers). M. JAuRt:S-. Messieurs, M. le ministre des finances va précisément audevant de ma pensée; il dit que l'impôt sur le revenu, tel quïl l':i, il y a quelques mois encore, annoncé à la Chambre, n'est ni l'impôt unique, ni l'impèt inquisitorial, ni l'impôt progressif. Il résulte de sa déclaration que le ministt:re. par cette formule, n'aa pas entendu condamner l'impèt sur le revenu. Je demande donc au Gouvernement si, sous cette phrase :igressive contrt; certaines formules d'impôt, M. le président du conseil a, oui ou non, prétendu viser l'impèt sur le revenu. (Très bien ! très bien! à l'extrême gauche.) Je lui demande, en outre, s'il croit qu'il satisfera au besoin de réformes qui est dans ce pays en déclarant qu'il faudra songer peut-être à une organisation de caisse de retr:iite qui, selon lui, si elle est nécessaire, ser:i particulière· ment malaisée; en sorte que ce qu'on vous annonce surtout comme réformes c'est l'impossibilité d'aboutir dans les réformes mêmes qu'on indique. Messieurs, en ce qui nous concerne, nous ne nous arrêterons pas à ces détails. Pour nous, la déclaratio~ ministérielle est parfaitement c!Jire: c'est une déclaration de guerre au parti socialiste. (Mouvements divers.) Toutes les paroles, toutes les attitudes du Gouvernement nous signifient la guerre; je dirais presque que toutes ses pensées sont tournées contre nous, si peut-être la conscience de quelques-uns des hommes qui sont au pouvoir n'était traversée parfois par certains ressouvenirs. (Exclamations ironiques sur divers bancs à gauche et à l'extrême gauche.) Mais je suis sùr que ceux-!. a mêmes nous détestent plus encore que nos ennemisde la veille, parce que nous leur sommes l'occasion incessante de doulourreux retours sur eux-mêmes (Applaudissements à l'extrême gauche.) Donc, c'est contre nous le combat avoué, déclaré, implacable; et en vérité, on nous fait le grand honnéur de calculer par rapport à nous tout le mouvement politique. Aussi je ne viens pas vous demander : Entendez-vous nous seconder ou naos combattre? La question est résolue depuis plusieurs mois. Je viens vous demander, monsieur le président du conseil, au nom de quel principe, en vertu de quelle conception maîtresse vous entendez combattre le •mouvement socialiste. (Mouvents divers.) Car, pour les hommes politiques, - j'entends pour ceux qui nous combat. tent, - il y a deux façons de juger le mouvement socialiste qui se développe à l'heure actuelle.
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