LA REVUE SOCIALISTE LAQUESTIOSNOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS L'ouverture des Chambres a été pour le parti socialiste l'occasion <l'un très brillant succès. - Jaurès a inauguré les débats parlementaires devant une assemblée certainement animée d'un mauvais esprit à notre égard (l'élection à la présidence de M. Casimir Périer, gros actionnaire d'Anzin et républicain centre-gauche en fait foi) par un coup de clairon sonore qui a retentit dans le pays d'un bout à l'autre et qui vaudra au socialisme de nombreuses adhésions. Nous publions ci-dessous le texte complet de cette magnifique harangue: M. ]AURÈS. - Messieurs, M. le président du conseil a été très modeste en <lérobant aux méditations et à l'examen minutieux de la Chambre la longut.: table des matières qui constitue la déclarariçm ministérielle. Mais mes amis et moi nous ne nous plaignons nullement que la discussion immédiate :iit été ordonnée. Un membre au centre. - Alors, pourquoi avez-vous voté contre? M. JAURÈS. - 11y a, dès maintenant, deux résultats acquis: le premit.:r, c'est que M. le président du conseil a dû, dès la première journée, peser sur la Chambre pour obtenir un débat écourté et diminué. (Applaudissements à l'extrême gauche.- Réclamations à gauche et au centre). Le second, c'est que, dès le premier jour aussi, pour former une majoritè avec des déclarations qui restent vagues, il a fallu sonner la fanfare contre le parti socialiste; dès le premier jour, il a fallu remplacer par une tactique et par une diversion un exposé clair et précis de la politique gouvernementale. (Nouveaux applaudissements à l'extrême gauche.) Ah! messieurs, cette tactique ne réussira probablement pas longtemps aupres de la Chambre. 11est facile de dénoncer comme de mauvais patriotes ceux qui ont une conception tres noble du rôle de la France démocratique dans le monde. Mais
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