La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

!.A REVUE SOCIALISTE du moins, je l'espère!- Dans la Germanie actuelle, il n'y a plus place que pour un seul monument : celui d' Arminius. De ce culte dè la force, Gabriel Rosa en a parlé longuement, autrefois, avec sa prose sévère. Crois-tu que ce soient les souffrances qu'il a endurées au Spielberg, qui lui aient inspiré ses écrits? Et voilà Francesco Crispi qui croit proclamer une nouveauté én disant que le peuple allemand est très apte à parvenir à la grandeur, s011s et a111noyen du despotisme ! Tu trouves déplorable que la troisième République, athée et anticléricale, se fasse la protectrice des chrétiens en Orient et qu'elle soit en coquetterie réglée avec la Pape. Ici, décidement, tu exagères, et tu comprends les faits d'une façon véritablement surprenante. La contradiction, si toutefois elle existe, est dictée par des raisons de haute politique, imposée, aussi. par l'esprit de conservation. Voudrais-tu que la troisième République, aux ennemis nombreux, acharnés, irréconciliables, qu"e\le compte déjà, ajoutàt pour te plaire encor~ la papauté, et qu'elle se la rendit encore plus hostile qu'elle ne l'est? J'ignore si les hommes qui, en Frnnce détiennent le pouvoir sont athées ou chrétiens! li est notoire, cependant, que la majorité du peuple est non seulement chrétienne, mais catholique. Serait-il sage de la part de ceux qui gouvernent, de se mettre résolument en opposition av'ec l'opinion publique, alors que d'autres problèmes, très graves, les préoccupent? Je ne le crois pas! Et puis, le cléricalisme des Floquet et des Goblet est de ton invention, comme, aussi, les platitudes que tu leur attribues vis-à-vis de la papauté. Si je dois dire toute ma façon de penser, eh bien, la nation fran çaise au point de vue de ses intèrèts internationaux, et la République, au point de vue de son existence, ont été trop hardies dans la voie de l'anticléricalisme : la législation des écoles suffirait pour le prouver. Une autre remarque, c'est que les manifestations privées en faveur de lapapauté, en France, ne prennent jamais les proportions qu'elles revêtent en Autriche, qui nous est allié.e. - La dernière discussion à la Chambre italienne peut le prouver suffisamment! Et, dis moi, trouverais-tu dans le Parlement Italien, dmx cent trc11tc-dc11x députés qui voteraient l'abolition de la loi des gn,anfies? Combien en trouve-t-on dans le Parlement français pour demander la suppression de l'ambassadeur près du Pape? - Si nous rendons au Pontife des honneurs souverains, qu'y a-t-il d'extraordinaire à ce que les autres nations le traitent aussi en souverain? - Cl!,1'ya-t-il d'étrange à ce qu'une nation catholique ait des égards envers le chef de sa religion? - Une conduite identique tenue par une nation profcstnnte ne t'étonnerait pas? C'est justement le cas de 11otre autre alliée, l'Allemagne, qui a tout fait pour relever le prestige de l;;i. Pëpauté en Europe. Lesgalanteries de la République française avec la Papauté (décou-

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