LA Fl~ANCE (LA GRANDE DÉGÉNÉRÉE) le principe plébiscitaire que, avec raison tu reconnais éminent, a toujours eu le mérite de savoir se faire pardonner. Corses et Niçards sont devenus français dans l'âme, comme le sont devenus rapidement et fortement les allemands des provinces du Rhin. Maintenant, s'il est possible, fonde un irrédentisme italien à Nice et à Ajaccio, comme il y en a un à Trente et Trieste, comme il y en a un (français) à Metz et à Strasbourg! - Observe bien qu'il ne s'agit pas d'un accident, d'une exception. Les Allemands font des conquêtes, ils campent, mais ils ne savent ni s'assimiler les vaincus, ni se faire aimer d'eux! Ils ont été campés et haïs dans la Lombardie et la Vénétie, comme ils le sont encore dans les Alpes juliennes, dans la Pologne, en Danemark, en Hongrie, en Bohême, dans la Transilvanie. Ils .ont une seule méthode pour co11q11érir définitivement la terre: en chasser les hommes, les anciens possesseurs. lis les en chassent par leurs persécutions politiques continuelles, par leurs mesures législatives et économiques! Sais-tu ce qui fait fuir les éléments italiens de l'Istrie et du Trentin. les Slaves et les Roumains de la Bohême et de la Transilvanie, les Polonais de la Posnanie et de la Galicie, les Danois du Schleswig-Holstein? Je croirais t'offenser en te le disant. Quelles que soient, en France, les contradictions entre la théorie et la pratique, il est toujours bon d'énoncer et de répandre la première, car, si elle est bonne, elle laisse dans le monde un germe qui se développerasûrement un jour pour le bien commun. Mais ce qui m'épouvante, c'est l'harmonie entre la tbéorie et la pratique, lorsque cette dernière se résume en _un seul mot : la force. La force! voilà l'idéal sur l'aut_el duquel le monde germanique sacrifie depuis longtemps par l'intermédiaire de ses grands écrivains; de Hegel à Heuwald. - Si Kant, glorifiant lapai'"< et l'bumanité paraît donner une note fausse dans ce concert, c'est que son cœur vibre à l'unisson de celui de Paris, vers qui se tourne son regard inquiet, et de qui il attend le cri libérateur! Anacharsis Klootz est un solitaire, un fou pour ses concitoyens. - Heine quitte l'Allemagne où il se sent étranger, parce qu'il est français dans l'àrne, et lorsqu'il y revient, il raille les douaniers de la frontière qui cherchent des objets de contrebande dans ses bagages, tandis que son esprit est plein d'une matière bien plus sévèrement prohibée : les idéesfrançaises! - Le gouvernement le sait très bien! Il hait la contrebande introduite par Heine, mais ne pouvant pas faire un procès à l'homme, avec une petitesse toute allemande, il soulève des obstacles à l'érection d'un monument au chantre du Deutscbland et de Atta Troll. Dans l'état de la civilisation actuelle, ce gouvernement est logique il me semble superflu de déclarer qu'il n'en sera pas toujours ainsi,
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