LA rRA~CE (LA GRANDEDÉGÉNÉRÉE) vertes par un Autrichie~ né en Italie, le député Zoraca), ne mettent pas en péril l'existence de la nation. Qu'eùt-il fallu penser, s'il s'était conclu· du rapprochement projeté entre une très lJnute dame italienne et le grand Pontife? Il eùt été honteux: mais si cette honte a été évitée, nous devons en féliciter celui qui se maintient fidèle au sacramentel : 1101p1osrnmus. Certains italiens, il y en a encore. se scandalisent de ce que C.irnoi donne la barrette aux nouveaux cardinaux; mais ils trouvent tout naturel que notre gracieuse reine ait publiquement et solennellement baisé la main du cardinal San Felice. Bien plus! - regarde quelle fatalité l - lorsque le Conseil 1111111ic1dpeaPl aris, à une grande majorité, s'associe aux fètes célébrées en l'honneur de Giordano Bruno, le Sé11at d'Italie dévotement s'y refuse. - Ces curieux et pour toi désagréables épisodes, prennent leur juste valeur d'u!1e observation très simple : c'est que le triomphe du cléricalisme en France n'impliquerait pas la mort de l'État, tandis que c'en serait la décapitation pour l'Italie. Sais-tu quels hommes cherchent à concilier tout cela? ... Ton concitoyen Fazzari en est le très humble interprète. Tu trouves des signes de dégé11éresce11cc dans les contradictions françaises, et les contradictions allemandes te paraissent assurément des signes de progrè; - Que penses-tu de Bismark, du K11!turska111pf et de l'autre, celui qui s'entendait avec lapetiteL;1,1i11mce, a ·ec l'intransigeant clérical Windthorst? -N'est-elle pas surprenant, aussi la désinvolture de Crispi, donnant un coup de pied à Torlonia et s'en allant à l'église St-Edwige, de'Berlin. faire amende honorable de cet acte audacieux? Puisque l'on a donné à cette contradiction dans la politique une importance si nettement dégénératrice, tu ne ferais pas mal d'examiner si nous avons le droit de nous aperceYoir de la paille qui est dans les yeux des autres, sans voir la poutre - assez grosse - qui est dans les nôtres. Malheureusement telle est notre vue depuis quelques années. L'Italie s'est formée au nom d'un pri11c1pcé11,i11e11t, celui de la nationalité. - Ce principe elle l'a effrontément, honteusement foulé aux pieds en participant au blocus de la Grèce, en s'alliant avec l' Autriche et l'Allemagne. qui sont les oppresseurs de toutes les nationalités : la première surtout, dont l'existence est absolument inconciliable a,·ec le principe de nationalité dont elle est la plus évidente négation. L'Italie s'est levée affirmant et conquérant le droit à l'indépendance, par un demi siècle de luttes. Aujourd'hui elle viole ce droit impudemment chez les autres, et appelle « fauteurs de désordres " ceux qui défendent leur propre liberté et leur indépendance. - L'Italie vénère comme des héros tous ceux qui la défendirent courageusement et coopérèrent à la reconstitution de son unité nationale ; mais aujourd'hui, on considère comme des brigands ceux qui se comportent vis-àvis Je nous de la même façon que nous nous comportâmes avec les Autrichiens ; elle acclame presque comme un nouveau Garibaldi -
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