,, B0~1l::t!16 er. La chose est déplorable. Cependant, pour pouvoir le reprocher spécialement aux Français, il est nécessaire de l'examiner à la lumière de lâ comparaison, guide suprème des historiens, des statisticiens et des moralistes. Je ne te rappellerai pas que l'Angleterre, ausssi, après la République, eut son Cromwell, son Monk, une autre révolution et, de nouveau, la monarchie. Ce précédent a beaucoup d'analogie avec l'histo:re de la France et avec la circonstance aggravante - selon toi - de l'ailticipatio11 ! Malgré cela la pensée ne t'est jamais venue d'affirmer quel' Angleterre offre des matériaux pour des Ilotess111la' dégé11ércscc11dcaens l'IJistoire. Pourtant, il est permis de se demander qui est le plus dégénéré : du peuple français qui quatre fois dans un siècle eut l'énergie de se débarrasser du despotisme, ou du peuple aHemand qui n'a pas réussi 1111secl!lc fois à conquérir la liberté et paraissant se contenter d'un empire féodal qui n'a même pas le yernis démocratico-césarien de l'Empire des Bonaparte? Q11ant à Boulanger, je pourrais le dire : rcspiccfinem ! Mais, suppose, par exemple, qu'il fùt arrivé à l'empire! Et puis? Il ne faudrait pas avoir la moindre connaissance de l'histoire contemporaire, des intrigues et autres causes innombrables qui auraient préparé son triomphe, pour ne pas penser que, à coup sûr on l' eùt envoyé rejoindre les autres ~, rois en exil » si, auparavant, il n'avait laissé sa tête sur l'échafaud. N'importe comment, les incidents de la lutte indiquent clairement qu'en France il y a du caractère et de la vitalité, deux éléments qui assurent la résurrection! Les trouves-tu en Italie? Interroge ta conscience avec sincérité : elle te dira que notre patrie traverse une des époques les plus tristes de sa ".ie. Mes paroles ne sont pas suspectes et si tu ne les crois pas, tu peux en croire Pietro Elleno, 111ngistrat et séllatèur qui aujourd'hui pourrait bien assombrir encore ses tableaux de la Tyrannie bourgeoise. Ne m'accorde aucune foi, à moi qui suis coupable d'avoir écrit Cormzione po!itica, mais peux-tu refuser à croire Etienne Jaime, - comte et sénateur - qui, dernièrement (Nuova Antilogia) faisait un tableau mélancolique des conditions de l'Italie? En effet, la dégénérescence morale eî politique dans la péninsule ne pourrait être plus grande. L'Italie actuelle n'est qu'une édition, revue et corrigée de l'Italie de G~1icciardini, avec la misère et l'effronterie en plus. Voilà la douloureuse vérité! j'ignore quelles eussent été en Italie, les chances de Boulanger. Je sais seulement que Depretis est arrivé à l'omnipotence étant vivant,et à l'apothéose, organisée avec une repoussante hypocrisie, tout de suite après sa mort. Je sais aussi que bwuco·.1p de ceux qui auraient dù s'as- .34
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